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Predators : un film d'anthologie

Retour sur la carrière de l'une des créatures les plus fascinantes de l'histoire du cinéma. Predator est tout d'abord un film, puis un monstre hallucinant.

Par Maxime CLAUDEL - publié le 14 juillet 2010 à 00h00 ,
MAJ le 14 juillet 2010 à 00h33 - 0 commentaire(s)

Nous sommes en plein cœur des années 80. Afin d'échapper à la morosité ambiante, induite d'une interminable Guerre Froide, le monde entier se tourne vers le genre action, où les Russes sont généralement les méchants. Les spectateurs veulent alors des explosions, des affrontements dignes de ce nom,  bref du divertissement pur, du plaisir simple, comme Hollywood sait si bien le faire. Dans ce contexte, sont apparues de nombreuses icônes, faisant plus que jamais partie du riche patrimoine du Septième Art. Conan, Terminator, Rambo ou encore l'Alien, soit autant de noms qui résonnent dans les vidéothèques et dans les affres des mémoires collectives. Nul besoin de voir l'un de ces films pour les connaître car ils hantent plus que jamais notre culture. C'est dans ce contexte que nait Predator, sorte d'alter ego de l'Alien, un extraterrestre impitoyable, un monstre, voire un boogeyman comme on aime appeler ceux qui pourchassent et tuent. Devenu culte, le Predator a engendré une fascination sans précédent pour ce qu'il représente, à savoir un film efficace et aussi mais surtout, une créature impressionnante.

 Predator de John McTiernan


Welcome to the jungle
C'est en 1987 que sort de l'ombre Predator, permettant ainsi à John McTiernan, plutôt réputé dans la réalisation de clips, de se faire un nom à Hollywood. Son idée, fort simple au demeurant, était d'utiliser l'environnement, une jungle, et d'en faire un piège géant et délétère, auquel personne, même la pire vermine, ne peut échapper. Contrairement aux espaces confinés d' Alien, le huitième passager de Ridley Scott et d'Aliens de James Cameron, Predator est une sorte de huis clos mais en milieu ouvert, aussi paradoxal que celui puisse paraître. Grâce à l'ambiance qu'il a insufflé à sa forêt tropicale, bien aidée par une mise en scène prenant bien le temps de nous plonger au cœur de l'enfer (citons en exemple l'entrainante musique tribale), John McTiernan a réussi le pari de faire briller un massacre. Par l'atrocité de ses joutes, par le désarroi de l'humain ne sachant plus quoi faire face à la nature (des soldats tirant dans le vide, mécaniquement), le cinéaste est parvenu à offrir un côté survival et slasher à son film de science fiction.


Bien entendu, n'allez surtout pas y chercher une histoire riche et captivante. Ici c'est de la sueur, des branches qui craquèlent sous le poids des balles, des bras qui s'arrachent, du sang en veux-tu en voilà, des cadavres qui s'amoncellent, sous l'action d'un prédateur, le pire qu'ait connu la galaxie. Mais McTiernan, visiblement bien au courant des conjonctures de l'époque, ne s'arrête pas à ses exercices de style, si gores soient-ils, et décide de nous offrir le combat le plus mémorable et le plus symbolique de l'histoire du cinéma. Symbolique dans le sens où il confronte Arnold Schwarzenegger, figure emblématique de l'action hero (Terminator et Conan, c'est lui) cherchant un adversaire à sa taille (avec ses huit titres de Mister Olympia, sept de Mister Univers, aucun humain ne lui résiste) au Predator, l'entité la plus sanguinaire et féroce de toute la Galaxie. Mémorable dans la forme, l'affrontement étant naturaliste au possible, aussi intelligent qu'impressionnant.

 

 Predator 2 de Stephen Hopkins


John McTiernan a donc réussi à faire accepter son Predator aux côtés des ténors du genre. Certes, il doit beaucoup au personnage en lui-même, créé par Stan Winston (également à l'origine du Terminator et  la Reine Alien), mais ses propositions viscérales ont fait passer son apparente chasse à l'homme au monument cinématographique qu'elle représente aujourd'hui. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Nimrod Antal et Robert Rodriguez ont décidé d'en revenir à un environnement naturel après les épisodes urbains, réussi - le sympathique Predator 2 - et surtout ratés - Alien vs. Predator, Aliens vs. Predator 2 : Requiem -, pour leur Predators.


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