Y a-t-il d'autres réalisateurs avec lesquels vous aimeriez tourner ?Les premiers noms qui me viennent à l'esprit sont Johnnie To et Wong Kar-Wai. Mais autant avec Johnnie To, j'ai encore des chances puisqu'il travaille toujours à Hong Kong, autant Wong Kar-Wai est déjà au firmament des réalisateurs et l'atteindre n'est pas chose facile. Parmi les réalisateurs étrangers, il y a Luc Besson, que j'ai rencontré à la soirée française du Hong Kong Film Mart. Bien que les conditions n'aient pas été idéales, j'ai été très content d'avoir pu lui parler pendant peut-être 15 secondes. J'ai aussi rencontré Samuel Hadida à Hong Kong, sans savoir alors que c'était lui. Je le connaissais de réputation bien sûr, mais pas de visage. Or on se disait bonjour à chaque fois qu'on se croisait. J'ai pensé qu'il y avait des personnes très sympathiques parmi les Français qui se déplaçaient à ce festival. L'un de mes amis, Seydina Baldé, qui a fait un combat dans
Danny the Dog, m'a finalement révélé de qui il s'agissait. J'ai pu lui donner mon portfolio et il s'est montré très patient car je n'avais pas imprimé mes coordonnées et il m'a laissé le temps de tout noter. Seydina en a profité pour lui parler aussi ! (rires) Sinon, parmi les réalisateurs, il y a Gérard Pirès, que j'ai rencontré aussi à Hong Kong. J'aime aussi Pang Ho-Cheung, ainsi que le scénariste Felix Chong et le réalisateur Alan Mak, qui ont fait les
Infernal Affairs.
DONNIE YEN AU FESTIVAL DE CANNES 2006 Et parmi les comédiens ?Mes modèles sont Al Pacino, Daniel Auteuil, et bien sûr Tony Leung Chiu-Wai, que j'ai toujours apprécié bien avant qu'il ne gagne un prix d'interprétation à Cannes. Il y a aussi Andy Lau, Romain Duris, Gérard Depardieu, Vincent Lindon que j'ai rencontré à Hong Kong quand il a tourné
La Moustache… Je mélange un peu car je vis entre deux cultures. Pour ce qui est des actrices, c'est plus qu'un rêve, mais il y a Gong Li, Virginie Ledoyen, Michelle Pfeiffer, Meryl Streep ou encore Maggie Cheung qui est aussi inaccessible que Wong Kar-Wai… Tous ces artistes sont non seulement des exemples pour moi, mais aussi des gens avec lesquels je rêverais de travailler. Entre tous, c'est Tony Leung Chiu-Wai qui me fascine le plus, je l'apprécie d'ailleurs surtout dans ses polars. Mon objectif n'est pas de devenir un acteur exclusivement tourné vers l'action comme Jackie Chan ou Jet Li. Ce sont des grands, bien sûr, mais je ne veux pas qu'on me catalogue automatiquement "action" parce que je suis asiatique. J'aimerais bien faire comme Chow Yun-Fat, qui est entré à Hollywood sans avoir vraiment fait d'arts martiaux.
Bulletproof Monk n'est que l'un de ses choix.
A ses débuts aux Etats-Unis, il était tout de même très étiqueté "John Woo", et obligé de se balader constamment avec deux flingues dans les mains…Vous me rappelez que j'aimerais justement beaucoup travailler avec John Woo ! (rires) Depuis la crise économique, le cinéma hongkongais a beaucoup chuté, et aujourd'hui il ne reste plus que des réalisateurs et des comédiens de qualité. Ce filtre engendré par la crise n'a finalement pas été mauvais pour l'industrie.
VINCENT SZE AU FESTIVAL DE CANNES 2006 Y a-t-il actuellement selon vous un vrai renouveau du cinéma d'action de Hong Kong ?Oui, c'est certain. J'espère qu'on ne retournera pas à l'époque des années 80, c'est-à-dire à de l'action à partir de scénarios qui n'ont aucun sens. Je préfère
SPL,
Bullets over Summer de Wilson Yip, ou encore les films de Pang Ho-Cheung. A ce propos, Wilson Yip m'a dit que s'il remontait aujourd'hui le film
Bullets over Summer, la fin serait un peu différente car il n'en est pas satisfait. C'est un réalisateur vraiment excellent, que j'aimerais voir un jour monter les marches du palais à Cannes.
Propos recueillis par Caroline et Elodie LeroyRemerciements à Frédéric Ambroisine