Avec la sortie de
Anges et démons, le 13 mai,
Ron Howard poursuit sa plongée dans les mystères astucieux explorés par l'écrivain Dan Brown. Cette fois-ci il nous invite à percer les secrets biens gardés du Vatican. Si ce genre de quête avance des idées souvent fantaisistes, le cinéma s'est souvent servi de la fascination que les grands mystères inspirent depuis toujours. On y brise le sceau de grands secrets, des complots se dévoilent. Cela donne des histoires à connotation religieuse (
Da Vinci code), érudite (
le Nom de la Rose), fantaisiste (la saga des
Indiana Jones), fantastique (
Constantine) ou métaphysique (
The Fountain).
Du rationnel au surnaturelLe septième art aime que la vérité soit ailleurs et que les apparences soient trompeuses. Un classique du Film Noir,
le Faucon Maltais de
John Huston, met en scène le détective Sam Spade. Le coeur de son enquête est déjà un vestige mystérieux. Chacun des films évoqués ici se fondent sur un épisode obscur de l'histoire ou un maléfice ancien qu'il s'agit de briser, un grands secret qu'il s'agit de dévoiler. Cela commence souvent par une enquête classique qui peu à peu bascule vers autre chose, mettant à jour des événements surnaturels. Cette structure se retrouve par exemple dans
Angel Heart de
Alan Parker où Mickey Rourke était un privé presque archétypal, dont l'enquête basculait peu à peu dans les ténèbres du Vaudou, le menant jusqu'à sa damnation.
Le héros est souvent un sceptique qui va peu à peu se laisser gagner par la nature extraordinaire de l'histoire où il s'engage. C'est par exemple le cas de
Tom Hanks dans le
Da Vinci Code. Il est d'une culture encyclopédique sur les mythes, les grands symboles et leur vraie signification. Mais il ne fait l'expérience tangible de son savoir abstrait que lorsqu'il rencontre
Audrey Tautou. De même, le légendaire
Indiana Jones ne croit jamais aux quêtes dans lesquelles il se lance. C'est un homme très cultivé, très cartésien et volontiers ironique. Peu à peu, il doit être converti au caractère mystique et magique de ses aventures. Ainsi, le respectable prof de fac (et accessoirement, archéologue intrépide) en vient à sonder les grands mystères de l'humanité, découvrant des preuves incontestables d'événements extraordinaires (l'Arche d'alliance, le Saint Graal, le Crâne de Cristal).

Le cheminement est souvent le même. Le spectateur est à l'origine sceptique comme le héros. Il peut le suivre dans ses improbables découvertes. Il s'agit toujours d'accepter l'extraordinaire, d'abandonner nos résistances et nos défiances. On se laisse emporter par le récit. L'important est que cette évolution vers l'inconcevable demeure cohérente et plausible. Ainsi, le point de départ est souvent scientifique et identifiable (sur des lieux de fouilles en Egypte, dans une bibliothèque...). L'enquête peut alors mener au surnaturel, vers ce que l'on considérait au départ avec scepticisme, comme une hypothèse farfelue ou un conte pour enfant.