Dans le cinéma, il existe certains noms qu’il s’avère absolument impossible d’ignorer. Des monstres sacrés, des dieux, des icônes. Sergio Leone se classe sans nul doute au panthéon des grands cinéastes.
Le Romain marqua le septième art grâce à l’empreinte qu’il apposa sur le genre western, mais fureta également avec le péplum au début de sa carrière, avant de finir sur cette grande fresque dramatique qu’incarne
Il était une fois en Amérique. Sergio Leone, c’est un style bien particulier dans la mise en scène, la naissance d’un genre, des influences diverses. Ces quelques lignes ne prétendent bien sûr pas résumer à elles seules le cinéma de Leone, mais tentent de fournir quelques clés pour mieux appréhender et apprécier son œuvre. Le monde se divise en deux catégories de cinéphiles, ceux qui aiment Sergio, et ceux qui aiment Leone…
Clint Eastwood dans LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND BIOGRAPHIESergio Leone naît le 03 Janvier 1929 à Rome, de l’union de Brice Valerian, une actrice, et Vincenzo Leone, réalisateur plus connu sous son pseudonyme Roberto Roberti.
Sergio débute dans le cinéma en collaborant avec de grands réalisateurs en participant à plusieurs tournages, en tant qu’assistant ou réalisateur de seconde équipe. Leone travaille notamment avec Robert Wise, William Wyler (Ben Hur), Fred Zinnemann, Raoul Walsh, ou encore Orson Welles et Mario Bonnard. Il apparaît même devant la caméra dans
Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica (1948). Cette apparition dans ce chef-d’œuvre du néoréalisme, courant cinématographique en rupture totale avec les années mussoliniennes, peut être interprétée comme un hommage à son père, antifasciste forcené.
Le jeune cinéaste accumule ainsi au fil des tournages une expérience inestimable, et se voit proposer dès l’âge de 25 ans la réalisation de petits films.
Mais Leone refuse, attend son heure. Il tourne finalement son premier long-métrage grâce à un concours de circonstances. Lors de sa quatrième collaboration avec Mario Bonnard,
Les derniers jours de Pompéi (1959), celui-ci tombe malade et Leone le remplace au pied levé. Il est donc crédité en tant que co-réalisateur. Sergio Leone se sait désormais prêt à rentrer dans le grand bain et réalise en 1960
Le colosse de Rhodes. Après un dernier péplum,
Sodome et Gomorrhe, réalisé non sans heurs avec Robert Aldrich en 1961, Leone entame sa fameuse période western durant laquelle il révolutionnera le genre. De 1964 à 1969, la trilogie du dollar et le chef-d’œuvre ultime
Il était une fois dans l’Ouest constituent autant de références aujourd’hui du "western spaghetti". Un genre auquel, après lui avoir donné ses lettres de noblesse, il se consacrera par la suite de manière beaucoup plus légère, essentiellement dans un rôle de producteur, avec
Mon nom est Personne (1973) et
Un génie, deux associés, une cloche (1975) dont il réalise la remarquable scène d'ouverture.
Car dès 1971,
Il était une fois la révolution marque une nouvelle orientation dans le cinéma de Leone, plus ancré dans la modernité. Une tendance qui se confirmera avec
Il était une en Amérique (1984), et ce qui aurait dû être son film suivant,
Les 900 jours de Leningrad. Un projet qui n’aboutira malheureusement pas, Sergio Leone étant emporté par une crise cardiaque le 30 Avril 1989 à l’âge de 60 ans.
STYLE Bien plus que de parodier les histoires linéaires aux personnages manichéens d'un John Ford, Sergio Leone se réapproprie le genre western pour mieux en briser les codes et conventions. Cette savante déstructuration prend forme grâce à l’application de touches personnelles récurrentes dans ses films.