Quelle est la plus grande difficulté pour faire un court ?De se fonder une famille et de réussir à ce que toutes les personnes qui travaillent sur votre projet soient aussi motivées que vous. C’est le plus dur parce que sur ce genre de petits courts, les gens ne sont jamais payés, ce sont des bénévoles. Donc ils doivent se sentir impliqués dans le projet, c’est le seul moyen d’arriver à tirer le meilleur d’eux-mêmes. Une personne qui n’est pas motivée sur un court-métrage, à n’importe quel poste, ça peut tout foutre en l’air. Un film, c’est une œuvre collective. Le réalisateur a ses idées bien sûr, mais ensuite, je ne pense pas qu’il est le seul maître à bord. Il doit être à l’écoute de ses collaborateurs et chacun d’eux va apporter sa touche au film… Un réal ce n’est pas un peintre devant sa toile, c’est un chef d’orchestre. Ensuite, l’autre grosse difficulté, c’est bien sur la production, le manque d’argent.
Justement, quel regard portez-vous sur le système de production français ?Tout fonctionne par réseau. Et il faut pouvoir rentrer dans le réseau. Pour cela, il faut pouvoir faire ses preuves avant. C’est l’étape la plus dure. Pour moi, cela passe forcément par l’autoproduction, les courts-métrages sans un sou et la galère. Et c’est tout à fait normal ! Il faut montrer ce qu’on sait faire, montrer qu’on sait gérer un planning, une équipe, des comédiens. En plus, l’autoproduction donne la double casquette réalisateur / producteur, ce qui permet d’avoir conscience de ce que c’est vraiment que de monter un film, et les enjeux financiers que cela représente. Moi j’ai beaucoup appris comme ça. Par exemple pour
White Girl, mon premier court, je pensais que je pouvais tourner 50 plans par jour, en super16 et en mixte. Bien sûr je me suis planté et le film que j’ai au final n’est pas celui que j’avais en tête. Mais bon, ce sont des erreurs nécessaires. Et je préfère les avoir faites en autoprod, avec mes sous, plutôt qu’avec l’argent de quelqu’un d’autre. Sinon ça aurait été une vraie catastrophe. Ensuite, l’autoproduction c’est juste une étape, il ne faut pas s’enfermer dedans ! C’est pour ça que pour mon prochain projet, je suis parti vers un cheminement plus classique, avec une demande de subvention et tout ça…
Et quel est ce projet, si ce n’est pas trop indiscret ?C’est un film de genre qui s’appelle
Digger. Ce sera un slasher un peu décalé, quelque part entre
Freddy et
Shaun of the Dead. S’il vous plait messieurs dames les internautes, ne me piquez pas l’idée !
Pour finir, avez-vous un projet fantasme ?Un biopic sur Marylin Monroe. Un film sur le vedettariat avec le cinéma comme toile de fond. Quand j’aurai fait ce film-là, je crois que je pourrai m’arrêter ! (
rires)
Propos recueillis par Pierre Delorme