Au cinéma, il n'est pas rare de voir des films dans lesquels des animaux se vengent d'humains souvent méchants, et lors de scènes souvent comiques (rien que dans les Disney, déjà, il y a de quoi faire). Mais il est aussi des films qui ont fait de cette lutte des espèces le coeur de leur intrigue, comme La Forêt contre-attaque et ses créatures des bois tentant d'enrayer un projet immobilier les mettant tous en péril. Alors, parce que les animaux n'ont malheureusement presque jamais le dessus sur l'être humain dans la réalité, il nous semblait être de notre devoir de nous remémorer les plus braves combats qu'ils ont pu mener... et les crimes les plus atroces que nous avons pu commettre, sans oublier ceux que nous continuons de perpétrer... méchants humains, va !
Princesse Mononoké
Hayao Miyazaki, 1997


La rébellion la plus... cartoonesque
La faute de l'Homme : comme le film l'explique avec une pointe de fantastique, nos maisons nous appartiennent autant qu'aux créatures habitant leurs murs. Pourquoi les chasser, alors ? Parce qu'elles font des trous dans des sachets de nouilles que nous aurions pu protéger avec une boîte en plastique ? Ou, tout simplement, parce que l'Homme n'est pas prêteur pour un rond ?
Sa botte secrète : en tant que souris de cartoon, ce petit rongeur ne craint aucune attaque et sait même les retourner à chaque fois contre ses agresseurs. Presque aussi énervant que Speedy Gonzales.
Pour la petite histoire : avant de donner vie à une souris tout droit sortie d'un cartoon de la Warner Bros pour son premier long-métrage, le réalisateur Gore Verbinski s'était fait repérer grâce à trois crapauds mécaniques qu'il dirigea dans une publicité Budweiser. Récompensé par plusieurs prix et honoré de voir ses trois batraciens devenir les emblèmes de la marque, il semble évident qu'il aime à "cartooniser" les animaux et son prochain Rango - western à hauteur de reptile - apparaît dès lors comme une évolution parfaitement logique de sa filmographie.
"C'est Hitler avec une queue ! C'est La Malédiction avec une moustache ! Même Nostradamus n'aurait pas pu imaginer ça !"
Les Rebelles de la forêt
Roger Allers et Jill Culton, 2006


La rébellion la plus... couillue (au sens propre comme figuré)
La faute de l'Homme : dans le Japon des années 60, pour répondre à l'explosion démographique des villes, des projets d'urbanisation sont lancés à la périphérie de Tokyo. Et tandis que les êtres humains se créent un paradis de confort et de modernité, les "anciens propriétaires" sont poussés sur la liste des espèces en voie de disparition... Mais c'était eux ou nous, hein !
Leur botte secrète : l'art de la transformation, que beaucoup de tanukis maîtrisent, et bien sûr leurs testicules aux mille et une utilisations.
Pour la petite histoire : cofondateur du studio Ghibli avec Hayao Miyazaki et réalisateur émérite, Isao Takahata a eu l'idée de Pompoko en constatant un jour qu'une forêt de bambous près de chez lui avait été détruite pour laisser la place à un quartier résidentiel, le laissant s'interroger sur le destin des animaux qui y vivaient. C'est pourquoi, et bien qu'il ne manque pas de fantaisie, le film ne se départit jamais d'une approche documentaire n'en rendant que plus fort son message, une constante dans le travail du réalisateur. On peut d'ailleurs voir dans les différentes représentations des tanukis (réaliste, cartoonesque, silhouette) une incarnation de ces différents niveaux de lecture.
Voir aussi : sur postulat assez similaire mais traité on ne peut plus différemment (c'est peu de le dire), Nos voisins les hommes.
"Tanukis, la guerre ne fait que commencer ! Nous ne déposerons les armes qu'après avoir écrasé, pulvérisé, écrabouillé et chassé les humains de nos terres à tout jamais !"
Lucas, fourmi malgré lui
John A. Davis, 2006

La rébellion la plus... à échelle réduite
La faute de l'Homme : "le pouvoir corrompt" dit-on, et quand on est un enfant face à une colonie de fourmis, on se sent à ce point puissant qu'on imagine pouvoir les exterminer en toute impunité. De quel droit ? Car dans l'absolu, la vie d'un insecte ne vaut-elle pas autant que celle d'un homme ?
Leur botte secrète : une puissante magie ancestrale, capable de réduire les sales garnements à leur échelle pour les corriger. L'adage "la petite bête ne mange pas la grosse" est rendu caduque.
Pour la petite histoire : Producteur sur le projet, c'est Tom Hanks qui a eu l'idée de tirer un film du livre de John Nickle après l'avoir lu à son fils. Il en envoie aussitôt une copie au réalisateur John A. Davis (Jimmy Neutron) qui accepte immédiatement, trop heureux de pouvoir se lancer sur le travail d'adaptation. Mais alors qu'il rédige le script autour d'un jeune héros apprenant à respecter les insectes, une invasion de termites se déclare à son domicile et le force à appeler avec honte les dératiseurs. Un peu comme si Spielberg avait participé à des manifestations néo-nazies pendant la préparation de La Liste de Schindler...
"Ne tirez pas avant de voir la cire dans ses oreilles !"

