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Regard Sur L'asie : Bungee Jumping Of Their Own [page 1]

Par Elodie Leroy - publié le 02 juin 2006 à 10h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h57 - 0 commentaire(s)
Retour de la rubrique Regard sur l'Asie, mensuelle qui consiste à mettre en avant, à travers un dossier, un film asiatique injustement méconnu, soit parce qu'il n'est jamais sorti en France, soit parce qu'il est tout simplement passé inaperçu en dépit de ses qualités. Ces dossiers ne se limitent pas à une simple présentation de l'œuvre mais ont pour vocation d'aller un peu plus loin en proposant quelques informations autour du film. Selon les cas, une seconde partie est ainsi consacrée à la présentation d’un artiste ayant contribué à l'œuvre ou bien est l’occasion de creuser l’une des thématiques du film.

Après la comédie d'action coréenne Guns and Talks, de Jang Jin, le drame Jade Goddess of Mercy, de la réalisatrice chinoise Ann Hui, et le thriller horrifique The Neighbor n°13, de Yasuo Inoue, nous vous proposons de repartir pour la Corée du Sud avec Bungee Jumping of their Own, drame romantique surprenant de Kim Dae-Sung.


Si l'on se fie aux quarante-cinq premières minutes de Bungee Jumping of their Own, on pourra aisément confondre ce premier long métrage de Kim Dae-Sung avec une simple comédie romantique narrant les amours de deux jeunes étudiants des années 80. Simple comédie romantique, ou presque. Si anodins soient-ils au premier abord, les moments partagés par In-Woo (Lee Byung-Hun) et Tae-Hee (Lee Eun-Ju) possèdent d'emblée une simplicité et une sincérité réjouissantes, qui confèrent à leur histoire une dimension étrangement éternelle. Ponctuée de moments aussi touchants que désopilants, l'évolution de la romance brille dans ses instants les plus intimistes. Alors que les deux jeunes gens dévoilent tour à tour leur vulnérabilité, le mélange de comédie et d'émotion atteint son pic dans la scène de leur première nuit passée ensemble. Celle-ci débute dans l'embarras le plus hilarant (plan-séquence mémorable au cours duquel In-Woo est pris de hoquets dans la chambre d'hôtel) pour se finir sur une étreinte attendrissante. Soutenue par une réalisation classieuse mais sans artifice, cette première partie prépare joliment le terrain pour une suite inattendue.


L'émotion suscitée par la découverte de l'amour laisse subtilement la place à la nostalgie sans que l'on ait pu saisir exactement où s'opérait la transition. Peut-être se fait-elle lorsque Bungee Jumping of their Own, dont l'histoire se déroulait au début des années 80, fait un bond dans le temps pour nous mener en 2000. Ce saut temporel, qui a lieu au moment a priori le plus inopportun, intervient certes de manière brutale. Mais il n'est pas dit que le sentiment de nostalgie qui imprègne la suite du récit n'ait pas pris naissance auparavant. Alors que la relation d'In-Woo et Tae-Hee ne faisait que commencer, on retrouve l'étudiant timide et gauche dix-sept ans plus tard, métamorphosé en professeur respirant la confiance en soi, prônant le respect des individus et la confiance mutuelle. Qu'est devenue la jeune étudiante en arts plastiques ? Le mystère plane sur l'issue de leur histoire passée, un mystère à peine levé le temps d'une valse au cours d'un flash back musical et mélancolique.


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