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Regard Sur L'asie : Crying Fist [page 1]

Par Elodie Leroy - publié le 20 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h16 - 0 commentaire(s)
Retour de la rubrique Regard Sur L'Asie, mensuelle qui consiste à mettre en avant, à travers un dossier, un film asiatique injustement méconnu en France, soit parce qu'il n'est jamais sorti, soit parce qu'il est tout simplement passé inaperçu en dépit de ses qualités.

Les dernières éditions de Regard Sur L'Asie :
Otakus in Love, de Matsuo Suzuki
Mahjong Dragon, de Corey Yuen
Electric Dragon 80.000V, de Sogo Ishii
What Price Survival ?, de Daniel Lee
Too Many Ways To Be Number One, de Wai Kar-Fai
Love Letter, de Shunji Iwai

Après le sublime Love Letter de Shunji Iwaï, retour musclé vers la Corée du Sud avec Crying Fist, quatrième long métrage de Ryu Seung-Wan, qui met en scène Choi Min-Sik et Ryu Seung-Beom dans un mélange de film de boxe et de drame social.


Avant la bombe City of Violence, Ryu Seung-Wan affichait déjà son goût prononcé pour le cinéma de genre et pour l'action survoltée. On connaissait entre autres No Blood No Tears, dont la violence se distinguait par une touche de réalisme très terre-à-terre, et le fantaisiste Arahan qui rendait hommage aux films de kung-fu hongkongais à grand renfort de combats aériens et de superpouvoirs. Moins connu en Occident, Crying Fist a pourtant valu au jeune réalisateur les louanges de la critique coréenne ainsi que le prix FIPRESCI à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2005.
On savait le cinéma coréen touche-à-tout en matière de genres cinématographiques d'inspiration hollywoodienne et il n'y avait pas de raison que le film de boxe fasse exception. Quelques années avant Crying Fist, un autre film de boxe voyait le jour en Corée du Sud : Champion, biopic réalisé en 2002 par Kwak Kyung-Taek (Friend) et basé sur la vie du célèbre Kim Deuk-Gu. Mais en dépit de l'intérêt du matériau de départ, d'une superbe prestation de comédien (Yoo Oh-Sung, formidable en Kim Deuk-Gu) et de l'indéniable qualité des scènes d'action, Champion ne parvenait pas à se détacher de ses influences et laissait le sentiment frustrant d'avoir vu une pâle copie des classiques américains qu'il tentait d'imiter. Au contraire de Kwak Kyung-Taek, Ryu Seung-Wan ne commet pas l'erreur de faire un Raging Bull-bis ou un Ali-bis et se réapproprie le genre pour délivrer une œuvre en tout point originale, tout comme le faisait Clint Eastwood avec Million Dollar Baby. Cette originalité n'empêche pas Ryu de renouer avec les origines du film de boxe puisque Crying Fist s'inscrit directement dans la lignée du très marquant Rocky de John G. Avildsen, qui confrontait la misère sociale d'un homme à l'univers corrompu de la boxe. Agé seulement de trente-deux ans lorsqu'il réalise Crying Fist, Ryu Seung-Wan frappe un grand coup avec ce film extraordinairement maîtrisé qui impressionne tout autant par la profondeur de ses personnages que par le réalisme de ses combats. Quand l'action rencontre l'émotion.


Crying Fist débute par la descente aux enfers de deux marginaux en perdition dans le Séoul d'aujourd'hui. D'un côté, Gang Tae-Sik (Choi Min-Shik), un quarantenaire au chômage, entraîne sa famille dans la spirale de l'endettement. Lassée d'accumuler les dettes et de subir ses accès de violence, son épouse finit par le mettre dehors. A la rue, Tae-Sik envisage de gagner sa vie en se transformant en punching ball humain pour les passants. De l'autre côté, Sang-Hwan (Ryu Seung-Beom), un délinquant aussi violent qu'introverti, vivote en rackettant les jeunes de son quartier. Mais un jour, alors qu'il agresse un homme aisé afin de rattraper l'erreur d'une petite frappe dans son genre, l'affaire tourne mal et Sang-Hwan est capturé par la police. En prison, le garçon refuse les visites de sa famille, à commencer par celles de son père, et se retrouve rapidement placé en isolement pour cause de violence envers ses co-détenus. Tae-Sik et Sang-Hwan ne se connaissent pas et n'ont a priori aucun lien entre eux. Ils ont pourtant un point commun : tous deux vont être sauvés par la boxe. A la manière d'un film choral, le récit met en parallèle les parcours très similaires de Tae-Sik et de Sang-Hwan, jusqu'à ce que leurs destinées s'entrechoquent de manière flamboyante sur le ring d'un tournoi boxe.


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