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Regard Sur L'asie : Electric Shadows [page 1]

Par Elodie et Caroline Leroy - publié le 30 juin 2006 à 11h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h02 - 0 commentaire(s)
Retour de la rubrique Regard sur l'Asie, mensuelle qui consiste à mettre en avant, à travers un dossier, un film asiatique injustement méconnu, soit parce qu'il n'est jamais sorti en France, soit parce qu'il est tout simplement passé inaperçu en dépit de ses qualités.

Editions précédentes :
  • Guns and Talks, de Jang Jin
  • Jade Goddess of Mercy, de Ann Hui
  • The Neighbor N°13, de Yasuo Inoue
  • Bungee Jumping of their Own, de Kim Dae-Sung

    Nous repartons aujourd'hui pour la Chine avec Electric Shadows, de Xiao Jiang, l'histoire d'une jeune cinéphile née à la fin de la Révolution Culturelle. Présenté au Festival du Film Asiatique de Deauville en 2005, Electric Shadows s'était vu décerner le Lotus Première mais n'a toutefois jamais eu l'honneur d'une sortie en salle sur l'hexagone.
    A l'époque, nous avons eu la chance de rencontrer la réalisatrice à Deauville, un petit entretien que vous pourrez retrouver en seconde partie de ce dossier, suivi d'une galerie de photos du film.


    Chine, à notre époque. Dabing, jeune livreur de bouteilles d’eau, est victime d’un accident de vélo. Alors qu’il est encore à terre, une jeune fille qui a assisté à la scène le frappe subitement avec une brique sur la tête. Après un séjour à l’hôpital, Dabing revoit la jeune fille au poste de police mais celle-ci se comporte d'étrange manière : l’air absent, elle le supplie de nourrir ses poissons. Dérouté, Dabing finit par accepter cette mission insolite. Il découvre alors le logement dans lequel vit la jeune fille : une pièce tapissée d'affiches de films et meublée avec du matériel de cinéma. En cinéphile qu'il est, Dabing ne peut s’empêcher d’explorer l’endroit et tombe ainsi sur le journal de la jeune fille. Elle s'appelle Ling Ling, ses écrits racontent son histoire et celle de sa famille…


    Premier long métrage de Xiao Jiang, Electric Shadows est l'histoire de la vie de Ling Ling, jeune fille née pendant la Révolution Culturelle, et nous transporte dans la Chine de la fin des années 1960 à nos jours. Les évènements narrés dans le journal débutent en effet avant même la naissance de Ling Ling, qui ne peut envisager le récit de sa propre existence sans revenir sur la vie de sa mère (Zhang Yijing). Cette dernière, une ancienne chanteuse dont la carrière est brisée par cette naissance imprévue, ne supporte le rejet social engendré par sa condition de mère célibataire qu'en s'inspirant des femmes fortes qui rayonnent dans ses films favoris. Venue au monde en plein pendant une projection en plein air, Ling Ling est véritablement née sous le signe du cinéma.


    A l'intérieur de l'immense flash-back sur le passé de Ling Ling, Electric Shadows adopte une narration chronologique et s'attarde ainsi d'abord sur l'enfance de l'héroïne (interprétée par Guan Xiaotong), une période d'insouciance marquée par son amitié avec Xiaobing (Wang Zhengjia), un garçon de son âge marginalisé, qui partage sa passion pour le septième art. D'une fraîcheur réjouissante, cette première partie fait l'éloge de la magie du cinéma, alors révélatrice des liens affectifs que Ling Ling entretient avec ses proches, et se voit ponctuer de scènes oniriques qui feront retrouver à plus d'un spectateur son âme d'enfant – on pense notamment au moment magique où les deux enfants s'imaginent reproduire une cascade du film Railway Guerrillas. Les très jeunes comédiens qui interprètent Ling Ling et Xiaobing petits ont un grand rôle à jouer dans le charme inouï qui imprègne Electric Shadows : on n'est pas prêt d'oublier le regard rêveur et la moue contrariée de la petite Guan Xiaotong, ni l'air hilare de Wang Zhengjia.


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