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Regard Sur L'asie : Guns And Talks [page 1]

Par Elodie Leroy - publié le 17 février 2006 à 05h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h48 - 0 commentaire(s)
Une nouvelle rubrique sur Excessif : Regard sur l’Asie, mensuelle qui consiste à mettre en avant, à travers un dossier, un film asiatique injustement méconnu, soit parce qu'il n'est jamais sorti en France, soit parce qu'il est tout simplement passé inaperçu en dépit de ses qualités. Ces dossiers ne se limiteront pas à une simple présentation de l'œuvre mais auront pour vocation d'aller un peu plus loin en proposant quelques informations autour du film. Selon les cas, une seconde partie sera ainsi consacrée à la présentation d’un artiste ayant contribué à l'œuvre ou bien sera l’occasion de creuser l’une des thématiques du film.

Pour inaugurer Regard sur l’Asie, nous vous invitons à vous envoler pour la Corée du Sud avec Guns and Talks, de Jang Jin. Avec, en cadeau à la fin de cet article, une galerie de photos.


Accueilli avec enthousiasme lors de son passage en 2002 au Far East Film Festival d'Udine où il a reçu un Prix du Public, Guns and Talks n'a paradoxalement jamais été distribué en France. Réalisé en 2001 par Jang Jin, jeune metteur en scène, scénariste et dramaturge de plus en plus incontournable en Corée du Sud, Guns and Talks est une comédie d'action fantaisiste, décalée et terriblement attachante. C'est aussi le troisième long métrage qui réunit les noms de Jang Jin et ceux des comédiens Shin Ha-Gyun et Jung Jae-Young, une collaboration de longue date qui se perpétue non seulement autour de la caméra mais aussi sur la scène théâtrale.


Après une rencontre énigmatique entre un homme et une femme dans une voiture échouée sur une route déserte, Guns and Talks démarre en trombe avec une scène montrant en action une équipe de quatre tueurs professionnels que la police, impuissante, échoue à rattraper. En quelques plans significatifs, les personnages principaux sont présentés à travers leur rôle respectif dans la mission criminelle qui fait partie de leur routine : Sang-Yeon (Shin Hyun-Jun) est le chef qui détermine le plan, Jung-Woo (Shin Ha-Gyun) assure la pose des bombes, Jae-Yung (Jung Jae-Yung) est tireur d'élite, et Ha-Yeon (Won Bin) est le petit frère de Sang-Yeon et occupe la fonction de hacker. Une présentation efficace qui permet aussi de donner le ton de Guns and Talks. Soutenue par un montage rythmé, la mise en scène stylisée de ces premières minutes laisse présager d'un film d'action plein d'énergie et teinté d'humour noir, comme en témoigne le coup de téléphone cynique que Jung-Woo passe à l'une de ses victimes tout en dégustant un bol de nouilles. Par la suite, on peut dire que Guns and Talks remplit pleinement le cahier des charges propre au genre du film de gangsters. En réalité tout y est : les infiltrations en tant que vigiles, les gadgets fournis par l'oncle bricoleur, les passages dans de larges conduits d'aération (comme chacun sait, tous les immeubles possèdent des conduits d'aération permettant de se balader tranquillement d'un secteur à l'autre), les séances de tir d'élite en plein spectacle, le personnage du flic usé qui poursuit les hors-la-loi sans relâche. Mais les apparences sont parfois trompeuses.


En effet, après avoir assisté aux exploits de Sang-Yeon, Jung-Woo, Jae-Yung et Ha-Yeon dans leur travail, il nous est donné de les découvrir en privé. Et ce qui aurait pu n'être qu'une énième histoire de gangsters cool se démarque rapidement par le traitement humoristique et original de ses personnages. Guns and Talks n'est pas un film de gangsters comme les autres et si des scènes d'action viennent régulièrement ponctuer le récit, le film appartient davantage au genre de la comédie. A travers le point de vue de Ha-Yeon (Won Bin), qui s'exprime en voix-off (rôle dont il soulève d'ailleurs la difficulté suite à un léger dérapage), on découvre l'univers improbable de ces quatre tueurs à gage – ou de ces quatre gamins – bien loin de ressembler à des autistes à la Léon, même si le légendaire personnage de Luc Besson a droit à son clin d'œil rituel. Ces quatre jeunes hommes décontractés, plutôt beau gosses et visiblement réputés dans leur métier vivent en colocation dans un quartier résidentiel bien tranquille. Comme des frères, ils partagent tout, déjeunent quotidiennement ensemble, se rendent des comptes, admirent la même présentatrice de journal télévisé qui les laisse pantois d'admiration à chacun de ses passages sur le petit écran.


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