Par Nicolas Houguet - publié le 07 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 03 mai 2010 à 15h44 - 0 commentaire(s)
La nouveauté, c'est que nous sommes devant un spectacle plein de souffle, véritablement grandiose, sans pour autant renier un contexte extrêmement délicat à dépeindre. On retrouve certes les scènes de batailles pour lesquelles Scott est un maître absolu, mais pas seulement. Un peu à la manière qu'on lui connaissait dans Blade Runner, il impose un univers, un rythme une ambiance. Il ressuscite véritablement l'histoire à la manière d'une épopée. Il est dommage qu'une oeuvre d'une telle ampleur, véritablement une rareté, repose en partie sur les frêles épaules de l'assez peu charismatique Orlando Bloom. Car le film est puissant, majestueux, dans sa mise en scène et dans son propos et déploie véritablement tout le talent d'un très grand cinéaste. Assez peu de films de chevalerie ont été faits avec cette volonté d'embrasser l'histoire. Les croisades, épisode fascinant, trouvent là une oeuvre digne d'elles. Ridley Scott a encore dépassé les attentes. On retrouve ce cinéaste qui sait transcender un genre, le marquer de son sceau, le sublimer, comme il l'a fait régulièrement au fil de sa filmographie.



Ridley Scott a évidemment produit des films moins importants. Pourtant même ses « petits films » ne sont pas dénués d'intérêt. Les Associés étaient par exemple très plaisant, une plongée rafraichissante dans l'univers d'un escroc névrosé, qui devait assumer son nouveau rôle de père auprès d'une fille à problèmes. Une Grande année est de cette mouvance là. Il permettait de retrouver le metteur en scène et Russell Crowe dans un cadre inhabituel (un homme d'affaire californien hérite d'un vignoble provençal et se laisse séduire par cet art de vivre... Oui c'est cliché mais sympathique).

Mais il ne faut pas oublier qu'à maintes reprises, il a été un réalisateur qui a sublimé son propos et s'est imposé comme une référence profonde, à chacun des genres qu'il a abordé, jusqu'à opérer de véritables résurrections (en particulier pour le peplum). Son apport au cinéma américain est loin d'être négligeable et il a su livrer des oeuvres ambitieuses. American Gangster le confirmera encore.


De nouveau aux côtés de Russell Crowe, il va bientôt revisiter l'histoire de Robin des bois, mais du point de vue du shérif de Nottingham qu'il a l'intention de rendre plus recommandable qu'à l'accoutumée. Comme il n'a jamais eu peur de s'attaquer aux conventions (et Robin des bois en est une tant Erroll Flynn est icônique de l'âge d'or de Hollywood dans ce rôle), on ne peut l'attendre qu'avec une grande impatience.
Vos réactions


logAudience