Robert Guédiguian tire son inspiration de Marseille, ville qui sert de cadre à la plupart de ses films. Mais cette dimension est réductrice. Il y a dans son cinéma un engagement, une générosité et un esprit de troupe (la « famille » d'acteurs qu'il réunit à chaque réalisation) qui font toute sa singularité. La simplicité voudrait qu'on le qualifie d'héritier de Pagnol. Pourtant il a abordé tous les genres, la romance de
Marius et Jeannette, le désespoir de
La ville est tranquille, le film noir (
A la Place du coeur), l'adultère tourmenté (
Marie-Jo et ses deux amours)... Beaucoup plus foisonnante et complexe qu'il n'y paraît, l'oeuvre de Guédiguian est cohérente, comme celle de quelqu'un qui n'a jamais trahi ses convictions et qui les a souvent filmées. Il est l'auteur d'une filmographie profondément personnelle, intime comme un autoportrait. Il présente à Cannes
l'Armée du crime, une plongée dans la résistance d'un groupe d'immigrés, se battant au coeur de la France occupée pendant la Seconde guerre mondiale. Après
Le Promeneur du champ de Mars et
Le Voyage en Arménie, Guédiguian évoque de nouveau une histoire proche de son coeur et de sa subjectivité.