Sacha Baron Cohen est un formidable dingue. Un brin inconscient, un tantinet kamikaze, il n'hésite pas dès le début de sa carrière à faire des interviews assez tendues de personnalités importantes, sous les traits d'un rappeur totalement stupide,
Ali G à la télévision britannique. Il incarne ces êtres caricaturaux et parodiques avec un degré d'implication troublant. Il crée également d'autres personnages, l'inénarrable
Borat (journaliste naïf, antisémite, raciste, très machiste) et
Brüno (gay autrichien victime de la mode). Toujours provocateur et résolument politiquement incorrect, d'une audace et d'une impertinence rares (qui fait craindre pour lui à l'occasion), le trublion connaît les honneurs du cinéma. Il est un incontournable visage de la comédie actuelle, apparaissant dans des rôles hors normes (dans
Sweeney Todd et
Ricky Bobby : roi du circuit). Toujours incontrôlable, outrancier, il revient avec le passage sur grand écran de son
Brüno (sortie le 22 juillet). L'occasion de dévoiler -un peu-, celui qui se cache sous ses masques tapageurs.
L'appel de l'irrévérenceSacha Baron Cohen voit le jour en Angleterre le 13 octobre 1971. Issu d'une famille aisée, le jeune homme fréquente de grandes écoles, jusqu'à étudier l'Histoire à l'université de Cambridge. A cette époque, il monte pour la première fois sur les planches. De là date véritablement sa vocation. Voulant partir à la découverte de ses origines, il va passer un an dans un Kibboutz en Israël. A son retour il se joint à la troupe théâtrale de Cambridge, jouant les classiques. Sacha se cherche encore. A la fin des années 90, il passe sur le petit écran, sur une chaîne de comédie, développant son talent particulier pour mener des interviews totalement improbables et audacieuses. Bientôt, il se voit confier des émissions plus importantes (après avoir envoyé la cassette où il s'est grimé en journaliste albanais interviewant des chasseurs de renard, prémonition de Borat). Il se voit confier un programme à la gloire de l'une de ses créations :
Da Ali G show sur Channel 4 en 2000. Le succès est immédiat et lui vaut d'être une révélation.
Ali G voudrait être un rappeur et en a tous les attributs. Il représente la « voix de la jeunesse » et entraîne d'innocents interviewés dans des échanges outrés et surréalistes, où ce personnage brille par sa stupidité. Evidemment, il soulève quelques scandales et quelques controverses, certains critiques imperméables au second degré le qualifiant de raciste. Ce genre de scandale servira beaucoup Cohen qui en fait presque sa marque de fabrique et une sorte de publicité habile. Chacune de ses apparitions, même en promo, se devra de défrayer la chronique. On voit Ali G apparaître dans un clip de
Madonna et il a l'honneur de passer sur grand écran dans un film à sa gloire,
Ali G en 2002. Sacha Baron Cohen offre quelque chose d'inédit et connaît un succès à la hauteur de son humour provocateur.