Quant au final, il réussit en quelques plans à clore ce qui n’était pas du tout prévu au départ, à savoir une trilogie, tout en respectant les différents apports. La Terre est sauvée et tout l’équipage de l’Enterprise passe finalement en cours martiale, Spock inclus, ce dernier ayant voulu partager le sort de ceux qui l’avaient sauvé. Les différents griefs sont établis (vol d’un astronef, sabotage du dernier vaisseau en date, l’Excelsior, violation d’un ordre de quarantaine vis-à-vis de Genesis…) et désobéissance à un ordre direct du haut commandement de Starfleet pour Kirk. Toutes les charges sont alors abandonnées sauf une, la dernière, tout à fait acceptée par Kirk qui perd son grade d’amiral pour celui de capitaine et qui retrouve donc la charge d’un vaisseau spatial et de son équipage. Tour de force impressionnant qui parvient en quelques secondes à gracier tout un équipage, à réintégrer un officier à la charge qu’il désirait secrètement et à également porter une sanction qui était nécessaire, l’obéissance étant vitale et indispensable dans un corps qui se veut avant tout militaire. Reste de cette victoire sur les Klingons (qui n’ont perdu qu’un vaisseau, et encore, et un équipage là où Kirk avait perdu son Vaisseau et son fils) un dernier entretien entre Spock et Sarek, le fils confiant un message à son père pour sa mère, lui précisant qu’il allait bien, ce qui permet de clore l’introduction du film où Spock ne comprenait pas la question posée par l’ordinateur vulcain. Il est de nouveau complet, son chemin de croix est terminé et il est plus accompli moralement et psychiquement que dans
The Motion Picture, ayant cette fois trouvé définitivement sa place. Cette volonté de rester à Starfleet, parmi les humains, source de désaccords violents avec son père qui le destinait à l’Académie des Sciences vulcaines et qui entraîna une rupture pure et simple entre les deux hommes, portée à l’écran dans
TOS, trouve aussi une résolution heureuse ici, Sarek reconnaissant la valeur et le courage des amis de son fils. Les deux individus se quittent apaisés et sans rancœur, ce qui n’avait encore jamais eu lieu en trente ans de licence.
Le plan final de tout l’équipage d’officiers supérieurs de Kirk qui se retrouve encore dans une navette en direction de leur nouveau vaisseau (réminiscence du premier et second opus ?) finira d’emporter l’adhésion quand ce dernier croit se voir affecté à un vieil appareil alors que Sulu à des vues sur l’Excelsior (qu’il commandera dans
Star Trek VI, simple question de patience) et que la navette se dirige justement vers lui , avant de passer par-dessus la soucoupe et de découvrir un nouvel Enterprise flambant neuf (quand ont-ils eu le temps de le construire alors que la référence elle-même était destinée à la casse et à l’oubli à peine un film plus tôt ?!) avec la mention ô combien essentielle du « - A » à côté du fameux quatuor de chiffres cultes qui correspond à leur retour en grâce mais au caractère quasi immortel que vient d’obtenir l’Enterprise, premier vaisseau de l’histoire et jusqu’à présent le seul à avoir droit à une telle distinction ! Et comme le disait Picard lors de la destruction de l’Enterprise – D, il reste encore beaucoup de lettres dans l’alphabet et nous savons à présent que le vaisseau ira au moins jusqu’à sa version J grâce à Daniels et Enterprise la série.
Un sacré phénomène que
Star Trek vraiment, dont la cohésion sur bientôt 50 ans, dans ses multiples incarnations ne peut que forcer le respect. Merci d’être restés jusqu’ici et à bientôt pour L’Ultime Frontière. Nous verrons alors si cet opus mérite autant sa réputation de mal aimé. Et n’oubliez pas, réagissez !