Par Jonathan Ragueneau - publié le 01 décembre 2008 à 17h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h03 - 0 commentaire(s)
Dans Star Trek : The Original Serie (TOS) , de nombreux épisodes se sont orientés vers des incidents de téléportation : des officiers restaient coincés au sol suite à des interférences empêchant le transfert, des dédoublements de personnalités morales comme physiques ont pu se produire... Mais le tout trouvait généralement une solution heureuse en moins de 45 minutes. Le film ayant évolué vers d’autres sphères plus adultes, la téléportation de l’officier vulcain entrevu une poignée de minutes auparavant va se passer assez douloureusement, l’horreur étant palpable via une série de cris d’agonie du pauvre malheureux. Kirk a beau avoir repris le processus en main, il ne parviendra pas à le rétablir à son terme, le rappelant brutalement à son statut d’humain faillible et endossant lui-même la responsabilité de l’incident, dédouanant de fait l’ancienne infirmière Janice de tout remords futurs. Retrouverait-on les prémices d’un capitaine bien connu ?



Seul regret de cette scène, même si ce qui va suivre n’était pas utile, il aurait été bon de voir à l’écran le résultat final de cet accident, afin de trancher avec l’aspect trop lisse de l’univers Star Trek. Dans Star Wars, les mains sont coupées, les droïdes explosés, les montures éviscérées pour se réchauffer quand on ne massacre pas un cousin éloigné du yéti pour sa survie. Les vaisseaux sont sales, abîmés, avec des câbles et une machinerie apparente ce qui donne un certain réalisme à l’ensemble. Enterprise gagnera beaucoup de ce point de vue dans sa troisième saison (dixit la malle à malice référente) avec un vaisseau en miette mais continuant vaille que vaille sa mission. Pour assouvir une pulsion sordide de corps mal recomposé, il faudra alors se tourner vers la Mouche de Cronenberg et peut-être sa suite avec un Golden retriever qui aura sévèrement dégusté.

Star trek ne saurait se résumer (heureusement) à son vaisseau favori et c’est donc lors d’une réunion avec l’ensemble de l’équipage que va être brièvement introduite la station Epsilon IX (dont le visuel extérieur se réutilise simplement à l’envers dans l’opus suivant pour la station de recherche à l’origine de Genesis… mais laissons Kahn survivre dans son vaisseau sur sa planète d’adoption ravagée par les intempéries pour le moment. Nous aurons tout le temps d’y revenir en détail dans un prochain article) qui vient d’être à son tour rejointe par l’Entité. Outre le fait que les acteurs à l’écran devaient en grande partie être ceux de la défunte Star Trek Phase II, cette séquence va permettre de cristalliser le peu d’informations connues sur l’Entité si ce n’est qu’elle semble réagir de la même manière à une attaque sans somation (klingons) qu’à une tentative de contact amical. On apprend aussi qu’elle mesure 82 unités astronomiques (pour info, 1 ua = 149 598 000 kilomètres) et qu’elle se dirige vers la Terre. Une fois la station Epsilon disparue, l’équipage de l’Enterprise a pris conscience qu’il s’engageait vers une mission sans retour.

Le vaisseau quitte alors son orbite de départ et vogue vers l’Entité, ce départ correspondant également à l’arrivée de deux de nos trois derniers officiers.



Le lieutenant Ilia entre en scène sur la passerelle de l’Enterprise. Membre d’une race encore inexploitée par la série d’origine, elle aurait pour faculté d’apaiser les douleurs mais plus intéressant, elle connaît déjà William Decker, ces derniers ayant visiblement été engagés dans une affaire sentimentale quelques années auparavant. Le parallèle est aisé avec le début de TNG où Riker et Troi avaient été dans la même situation, comme quoi l’univers Star trek se renouvelle et se recycle en permanence. Cette connivence laisse le champ libre à certaines scènes potentielles qui auraient pu apporter un peu de détente voire d’humour, impression renforcée par l’aspect jeune coq de Dekker qui parvient à retourner son humiliante rétrogradation au rang de conseiller technique et scientifique en une force véritable, preuve tangible de la confiance que lui témoigne le capitaine / amiral Kirk, celui-ci se prêtant d’ailleurs au jeu. Mais la mention du voeu de célibat d’Ilia tue dans l’œuf cet espoir d’allègement… qui sera pris en charge par l’arrivée en fanfare de Bones à la demande de Kirk alors que l’Enterprise possède déjà un médecin de bord en la personne du Dr Chapel.

Néanmoins, plus que d’un médecin, c’est d’un ami dont a besoin Kirk et ce dernier va faire preuve d’une force morale extraordinaire par rapport à ce qu’il avait pu montrer jusqu’à maintenant.


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