Fort d’avoir deux vaisseaux de disponible en plus du superbe décor que représente la nébuleuse Mutara, le spectateur va se retrouver devant un jeu de piste stellaire avec multiplication de plans séquences assez jouissifs (il faudra attendre Nemesis pour connaître de nouveau l’excitation d’un combat spatial d’une telle intensité). Tout va être essayé : superposition des navires, affrontements latéraux, faciaux, esquives de dernière minute…. Pour terminer sur l’annihilation du Reliant, remarquablement et minutieusement mise en image (pensez donc, un vaisseau de Starfleet qu’on peut moralement démantibuler sans arrière pensée, l’occasion était trop belle !) tandis que Kahn reste seul aux commandes, mutilé et enfin conscient de la chance qui lui était offerte, chance qu’il a gâché, toujours au nom de la vengeance. Il n’hésite d’ailleurs pas à en tenir Kirk responsable, « vomissant sur lui son dernier souffle ». Les deux vaisseaux étant immobilisés, il décide alors de chercher Genesis, afin d’emporter Kirk avec lui dans la tombe. De là à dire qu’avec ce personnage,
Star Trek lorgne du côté de Shakespeare…

On sait alors qu’une planète va être créée, on sait que l’Enterprise va réussir à se sauver in extremis et on attend le Happy End de rigueur… Sauf que pour une fois, le film prend tout le monde à contre-pied et sacrifie son personnage le plus emblématique dans une ultime scène (vu l’âge du film, d’aucun sauront nous pardonner ce spoiler) extraordinaire de justesse et d’émotion. Spock se suicide pour sauver l’équipage sous le prétexte logique qu’un seul doit pouvoir s’effacer au profit de la collectivité. Et pendant que la vie trouve son chemin, celle de Spock s’éteint sous les yeux impuissants de Kirk avec une petite idée judicieuse dans l’emploi de parois transparentes séparant les deux protagonistes. Le parrallèle établi par Spock avec le test du Kobayashi Maru est évident, souligné par ce dernier, avant qu’il ne s’éteigne sur un ultime « ayez une vie longue et prospère ». Le plan s’arrête sur les deux acteurs dos à dos effondré (Spock ayant été digne jusqu’au bout et ne rendant son dernier souffle que face au spectateur silencieux).

Nous n’en dirons pas plus pour laisser au néophyte le plaisir de savourer ce moment culloté et unique dans l’Histoire des franchises et c’est avec la cérémonie funéraire qui enverra Spock sur Genesis au son de sa voix désincarnée reprenant le monologue des débuts de
TOS et de
TNG, nonobstant le final d’Enterprise saison 4 (à venir prochainement dans la malle à malice) que nous vous donnons rendez-vous pour le troisième opus sobrement intitulé « The search for Spock ».
« Space the final frontier…. »