Par Jonathan Ragueneau - publié le 02 décembre 2008 à 09h03 ,
MAJ le 04 février 2010 à 15h19 - 0 commentaire(s)
Genesis

Pour tous ceux qui n'ont pas vu le film 20 fois, contrairement à votre serviteur, le métrage va enfin prendre le temps de s'attarder sur Genesis en propre, projet qui résume à lui seul les enjeux du film avec cette phrase du Dr Marcus : « Genesis, c'est la vie naissant de la mort ». Toutes les possibilités vont être exposées à travers un film d'animation qui bien que pouvant paraître extrêmement novateur pour l'époque a su conserver le remarquable mérite d'avoir très bien vieilli. Normal quand on sait qu'il s'agit ici d'une des premières animations des studios Pixar pour le grand écran.



Et par delà la portée militaire, symbolisée par Kirk, ou scientifique, symbolisée par Spock, c'est toute la déviance morale qui va être soulignée par McCoy reformant ainsi le triptyque initial(pour plus de détails, un clic sur The Motion Picture finira de vous éclairer sur ce point). L'homme a quitté la planète Terre puis l'Espace l'entourant. Il désire maintenant s'approcher aussi près que possible de Dieu et va tenter de maîtriser le processus de création. A force de vouloir s'élever constamment, ce dernier ne va-t-il pas dépasser certaines limites ? Comment ne pas souligner alors l'échec de la précédente tentative ayant conduit à la création de Kahn mais aussi aux guerres eugéniques de la fin du 20ème siècle que Chekov a mentionné plus tôt avec tant de clairvoyance ? Sans l'intervention de McCoy qui, via une citation détournée de la Bible, précise que l'homme peut créer la Terre en 6 minutes là où il avait fallu 6 jours à Dieu, aurait-on vraiment réfléchi à cet aspect de Genesis ? On en doute fortement, après 45 minutes de film où le problème d'éthique n'est même pas esquissé. Le procédé de Terraformage, déjà peu respectueux de la planète où il est effectué disparaît alors au profit d'un nouveau moyen d'annexion pour une humanité qui bien que se croyant évoluée, n'hésite pourtant pas à remodeler des mondes selon ses besoins et à son image. Starfleet viole donc du même coup sa fameuse directive première en s'ingérant dans le développement naturel d'une planète et en provoquant une pollution technologique d'envergure la modifiant à jamais. L'homme respecte le développement des peuples mais pas celui de la Nature. L'infaillibilité morale de la Fédération n'est plus. C'est une structure conquérante, assimilable aux Klingons et même aux Borgs.

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