Si vous êtes seul à la Saint-Valentin, tel
Bridget Jones, à vous lamenter sur l’état de votre vie, fredonnant « can’t live » en piochant dans votre pot de Nutella devant un film d’un romantisme insolent, alors cet article est pour vous. Le cinéma est là pour vous rappeler, un peu sournoisement, que le grand Amour existe et que vous aussi, un jour, vous vous trouverez sur la proue du
Titanic avec votre aimée dans un beau coucher de soleil.
Amours classiquesCar le cinéma depuis longtemps, encourage les rencontres improbables, ces histoires où les contraires s’attirent. Ceux que tout oppose et qui n’auraient jamais dû se croiser finissent par s’aimer. Cela commence dans
Les Lumières de la ville où Charlot tombe amoureux d’une jeune aveugle et fait tout pour avoir l’air riche, même si lorsque la belle retrouve la vue, le vagabond finira par être dévoilé et apprécié pour ce qu’il est. On se souvient de Claudette Colbert, jeune fille riche en fugue rencontrant dans sa cavale
Clark Gable, un vaurien qui va l’aider à échapper à son mode de vie dans
New York Miami en 1934. Ils se haïssent, s’agacent, se séparent, se retrouvent et sont faits l’un pour l’autre. C’est assurément l’exemple parfait de l’amour au cinéma et l’un des films fondateurs de la comédie romantique.
Datant de 1940,
The Shop around the corner d’Ernst Lubitsch met encore des papillons dans le cœur. James Stewart y cherche à séduire une femme qui travaille dans la même boutique que lui et avec qui il a des rapports plutôt conflictuels. Pourtant, elle attend les lettres de son mystérieux correspondant avec passion. La rythme est allègre, enlevé, gracieux, les dialogues sont enchanteurs. L’émotion est là, on se laisse emporter. On sent une dimension sociale et une situation admirable de naturel, avec des personnages échappant aux archétypes. On s’attache à chacun, comme c’est toujours le cas chez Lubitsch. Le film a d’ailleurs connu un remake assez réussi,
Vous avez un message, porté par l’énergie de
Meg Ryan et
Tom Hanks.
Evidemment, il y a les grandes fresques,
Autant en emporte le vent. De nouveau, Gable était un vaurien magnifique, incarnant à merveille le séduisant Rhett Butler et imposant ce personnage comme un incontournable. Sa partenaire,
Vivien Leigh était d’abord une Scarlett frivole et assez insupportable. Mais emportée par le tourbillon de la guerre de Sécession, elle se révèle être d’une grande force et d’une incroyable capacité à survivre. La rencontre est mythique, ouvrant une grande tradition de films comme en témoignait encore récemment
Australia de
Baz Luhrmann. L’autre grand représentant de ces « epics » est
Out of Africa de
Sydney Pollack où un lien romantique et plein de souffle naissait entre
Meryl Streep et
Robert Redford, dans les paysages majestueux d’Afrique. Lui est insaisissable, elle l’aime passionnément. Leur vie ensemble est intense et troublée. Ce genre de passion tragique se retrouve dans
Le Patient anglais d’Anthony Minghella entre le ténébreux aviateur campé par
Ralph Fiennes et Kristin Scott Thomas. L’originalité de l’œuvre était d’opposer leur liaison fiévreuse, à la naissance innocente de l’amour entre Juliette Binoche, infirmière lumineuse qui veille sur son patient et tombe amoureuse d’un soldat d’origine indienne. En tentant trop de se conformer au genre, avec des héros un peu trop stéréotypés,
Retour à Cold Mountain du même réalisateur manquait son but, malgré la présence d’un couple principal très glamour (
Nicole Kidman et
Jude Law).