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Saint Valentin De Cinema [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 14 février 2009 à 17h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 22h17 - 0 commentaire(s)
Si vous êtes seul à la Saint-Valentin, tel Bridget Jones, à vous lamenter sur l’état de votre vie, fredonnant « can’t live » en piochant dans votre pot de Nutella devant un film d’un romantisme insolent, alors cet article est pour vous. Le cinéma est là pour vous rappeler, un peu sournoisement, que le grand Amour existe et que vous aussi, un jour, vous vous trouverez sur la proue du Titanic avec votre aimée dans un beau coucher de soleil.



Amours classiques
Car le cinéma depuis longtemps, encourage les rencontres improbables, ces histoires où les contraires s’attirent. Ceux que tout oppose et qui n’auraient jamais dû se croiser finissent par s’aimer. Cela commence dans Les Lumières de la ville où Charlot tombe amoureux d’une jeune aveugle et fait tout pour avoir l’air riche, même si lorsque la belle retrouve la vue, le vagabond finira par être dévoilé et apprécié pour ce qu’il est. On se souvient de Claudette Colbert, jeune fille riche en fugue rencontrant dans sa cavale Clark Gable, un vaurien qui va l’aider à échapper à son mode de vie dans New York Miami en 1934. Ils se haïssent, s’agacent, se séparent, se retrouvent et sont faits l’un pour l’autre. C’est assurément l’exemple parfait de l’amour au cinéma et l’un des films fondateurs de la comédie romantique.

Datant de 1940, The Shop around the corner d’Ernst Lubitsch met encore des papillons dans le cœur. James Stewart y cherche à séduire une femme qui travaille dans la même boutique que lui et avec qui il a des rapports plutôt conflictuels. Pourtant, elle attend les lettres de son mystérieux correspondant avec passion. La rythme est allègre, enlevé, gracieux, les dialogues sont enchanteurs. L’émotion est là, on se laisse emporter. On sent une dimension sociale et une situation admirable de naturel, avec des personnages échappant aux archétypes. On s’attache à chacun, comme c’est toujours le cas chez Lubitsch. Le film a d’ailleurs connu un remake assez réussi, Vous avez un message, porté par l’énergie de Meg Ryan et Tom Hanks.



Evidemment, il y a les grandes fresques, Autant en emporte le vent. De nouveau, Gable était un vaurien magnifique, incarnant à merveille le séduisant Rhett Butler et imposant ce personnage comme un incontournable. Sa partenaire, Vivien Leigh était d’abord une Scarlett frivole et assez insupportable. Mais emportée par le tourbillon de la guerre de Sécession, elle se révèle être d’une grande force et d’une incroyable capacité à survivre. La rencontre est mythique, ouvrant une grande tradition de films comme en témoignait encore récemment Australia de Baz Luhrmann. L’autre grand représentant de ces « epics » est Out of Africa de Sydney Pollack où un lien romantique et plein de souffle naissait entre Meryl Streep et Robert Redford, dans les paysages majestueux d’Afrique. Lui est insaisissable, elle l’aime passionnément. Leur vie ensemble est intense et troublée. Ce genre de passion tragique se retrouve dans Le Patient anglais d’Anthony Minghella entre le ténébreux aviateur campé par Ralph Fiennes et Kristin Scott Thomas. L’originalité de l’œuvre était d’opposer leur liaison fiévreuse, à la naissance innocente de l’amour entre Juliette Binoche, infirmière lumineuse qui veille sur son patient et tombe amoureuse d’un soldat d’origine indienne. En tentant trop de se conformer au genre, avec des héros un peu trop stéréotypés, Retour à Cold Mountain du même réalisateur manquait son but, malgré la présence d’un couple principal très glamour (Nicole Kidman et Jude Law).


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