Mercredi prochain sort sur les écrans français
Choke, seconde adaptation tirée de l’un des romans du controversé Chuck Palahniuk. L’occasion pour nous d’évoquer la carrière du comédien Sam Rockwell, figure omniprésente du paysage cinématographique actuel mais n’ayant peut-être pas trouvé un rôle lui offrant une réelle notoriété auprès du grand public. Retour sur un parcours certes classique mais possédant à son actif quelques petites perles remarquables.

Sam Rockwell fait partie de ces gueules quasi-incontournables, ces acteurs émérites suscitant de l’émotion auprès du spectateur sans pour autant que celui-ci ne lui reconnaisse un réel potentiel. Un de ceux qui enrichissent considérablement le métier, incarnant avec la même puissance un personnage de figuration qu’un rôle titre, mais qui hélas ne semblent jamais avoir accompli les performances de leurs vies, celles leur permettant d’être connus et reconnus du grand public (entendons par là du spectateur lambda et non cinéphile). Pourtant la carrière de Rockwell fourmille de mille et une propositions toutes aussi aguichantes et surprenantes les unes des autres, personnages de tous bords, hauts en couleurs ou réalistes, toujours habités de la même chaleur. Des rôles pas forcément sur mesure mais dans lesquels le comédien fait ses preuves, se cherche, se trouve, pour finalement se renouveler avec une fraîcheur sans doute trop subtile pour être vraiment appréciée. Beaucoup trouveront sans doute ces quelques lignes, dédiées au parcours de cet acteur immanquable, sincères mais légèrement dithyrambiques. Mais soyons certains qu’un bref survol de la filmographie de l’artiste suffira à rappeler les brebis égarées dans le droit chemin. Sam Rockwell ou l’histoire d’un brave gars qui excelle dans sa tache, évitant les vagues médiatiques et se débarrassant du fardeau que représente le catalogage, acceptant les propositions lui semblant pertinentes et ne se souciant jamais d’une quelconque cohérence dans l’enchaînement des prestations. Comme s’il abordait chaque métrage avec la même conviction et le même désir de faire bien, ne considérant jamais un personnage comme un potentiel tremplin ou un emploi alimentaire. Ce genre de type conscient d’avoir trouvé sa voie et appréciant avec le plus grand respect la chance de pouvoir s’y épanouir.

Une approche honorable du métier somme toute légitime puisque découlant de l’éducation du jeune Sam, né le 5 novembre 1968 à Daly City en Californie de parents comédiens. Fils unique, il évolue dans le milieu artistique et suit très jeune les déplacements de ses parents qui foulent les plus grandes scènes. Quittant la Californie pour rejoindre la côte Est alors qu’il n’a que deux ans, la famille Rockwell emménage à New York où la mère doit répondre à des auditions. Habitant tout d’abord dans le Bronx, ils migrent vers Manhattan, le couple passant la plupart de son temps dans les coulisses de Broadway. Mais au bout de quelques années, ses parents se séparent et, sa mère décidant de ne se consacrer qu’à la comédie, il est obligé de suivre son père qui retourne en Californie. Grandissant essentiellement à San Francisco et ne retrouvant la Grosse Pomme que lors des grandes vacances, il se passionne pour la comédie, seule flamme qui ne s’est pas éteinte entre ses parents. D’ailleurs, pour se rapprocher un peu plus de sa mère, il accepte de participer à quelques pièces en sa compagnie alors qu’il n’a que dix ans. Foulant les planches et en en appréciant toute la grâce et l’intérêt, il intègre la J.E. McAteer High School pour participer à un programme spécialisé nommé SOTA. De plus en plus investi et se découvrant au travers des rôles, il se fait de plus en plus présent sur les scènes du campus, se familiarisant autant avec le classique qu’avec les tentatives expérimentales. Sa première vraie expérience télévisuelle se fera sur un épisode de la série policière
Equaliser, moment culte de la télé US ayant pour vedette Edward Woodward. Découvrant les possibilités que représentent la télévision et le cinéma qu’il n’envisageait alors que comme une potentielle direction, il décide de mettre de côté la scène pour participer à un maximum de castings.