Par Caroline Frau - publié le 29 novembre 2007 à 11h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h39 - 0 commentaire(s)
Protection de l’enfance VS. Liberté d’expression

« Pouvez-vous me montrer votre carte d’identité, s’il-vous plait ? ». Cette question n’émane ni d’un gendarme, ni d’un policier, mais d’un agent d’accueil de cinéma. Depuis le mercredi 21 novembre, les employés des cinémas tentent de faire respecter l’interdiction aux moins de 16 ans de Saw 4, même s’ils ont des difficultés, dans ce flux d’adolescents en manque d’adrénaline et d’hémoglobine, à distinguer ceux de 15 ans de ceux de 16 ans.

Alors qu’il y a tout juste un an, l’interdiction de Saw 3 aux mineurs de moins de 18 ans avait provoqué un tollé dans le monde du cinéma, cette année l’interdiction aux moins de 16 ans du quatrième opus de la saga n’a suscité que peu d’émoi. La censure se serait-elle endormie ?
Mais où se cache donc ce Léviathan qui engloutit inlassablement les films à caractère sexuel ou violent ? Certains murmurent qu’il se personnifie, les mardis et jeudis soirs, dans la caverne mystérieuse d’un ministère, pour dévorer ses proies… Il répondrait au terrible nom, que l’on ose à peine prononcer, de Commission de classification des œuvres cinématographiques !


Avec effroi mais courage, nous sommes allés, pour vous, dans l’antre du monstre… une salle de projection dans des sous sols luxueux. Néanmoins, nous n’avons trouvé que des hommes et des femmes de tout âge, de tout bord. Certes, certains avaient l’air grincheux, mais la plupart étaient sympathiques et souriants. Ainsi réunis, ils ne ressemblent pas à un monstre marin mais à un clan, ou plutôt un club. Oui, un club de cinéphiles qui regardent des films et en discutent. Forcément, des éclats de voix se font parfois entendre, mais rien de cruel, rien de féroce.
Ces hommes et ces femmes, ce sont des réalisateurs, des médecins, des chargés de mission dans des ministères, des exploitants de salles de cinémas, des étudiants en cinéma ou en lettre… S’ils se réunissent deux fois par semaine, ce n’est pas pour dévorer la liberté d’expression, mais pour protéger les enfants et jeunes adolescents d’images qui pourraient altérer leur équilibre psychique.


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