Le débat peut être rude, d’autant plus qu’il n’y a pas de grille d’analyse rigide pour classer les films. L’oeuvre est appréhendée comme un tout unifié et unique qui ne se découpe pas en comptant le nombre de scènes violentes ou à caractère sexuel. C’est avant tout une atmosphère, une ambiance générale qui détermine ce qu’elle est. La dimension subjective des commissaires est donc très importante dans leur travail de classification. Et même s’ils se défendent de prendre la qualité du film comme critère, celle-ci peut difficilement se détacher de l’œuvre : la violence d’un Martin Scorsese n’est pas la celle, quelquefois gratuite et racoleuse, d'une série B. La classification ne sera pas la même…
Seul les films interdits aux moins de 18 ans ont des critères clairs, définis par le code de l’industrie cinématographique, c’est-à-dire
les œuvres comportant des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence Et c’est en vertu de ces critères que la commission de classification des œuvres cinématographiques justifie l’interdiction aux moins de 18 ans de
Saw 3:
Bien qu’il s’agisse d’un film de genre, cette proposition est motivée par la très grande violence du film, qui enchaîne sans répit des scènes de tortures morales et physiques appuyées, gratuites, sadiques et pour certaines insoutenables, donnant le sentiment qu’un palier est franchi dans ce qui est montré dans un film appartenant à une catégorie cinématographique . En comparant les différents volets de la saga, vous comprendrez en quoi
Saw 3 est différent des trois autres…
Ne cherchons plus dans les membres de la commission de classification des boucs émissaires, le mal est plus profond… La censure se fait plus pernicieuse et sournoise… Plus éparse, elle s’immisce à tous les échelons du marché cinématographique : producteurs, distributeurs, exploitants… Pire encore, elle se diffuse dans l’esprit même des créateurs, scénaristes et réalisateurs, qui, pour pouvoir faire exister leurs œuvres, se fondent dans le moule.