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Saw 6 : vers la fin du torture-porn ? [Page 3]

Par PitouWH - publié le 04 novembre 2009 à 17h52 ,
MAJ le 07 novembre 2009 à 21h29 - 0 commentaire(s)
Plus médiatique que jamais, le genre commença effectivement à soulever un tollé de plus en plus insistant. Car pour un Stephen King défendant le torture-porn, combien d'autres personnes le condamnèrent en bloc au travers d'articles ou citations assassines ? Certains, comme George A. Romero, lui reprochent son "manque de métaphore" tandis que d'autres, parmi lesquels Joss Whedon (créateur de Buffy contre les vampires), le condamnent sans ambages parce qu'il "n'est pas seulement un signe manifeste de la chute de l'humanité, mais participe aussi d'un cycle de violence et de misogynie qui retire quelque chose aux spectateurs de ces films". Des propos catégoriques, pour ne pas dire haineux, se faisant un reflet plutôt convaincant de l'opinion générale dans la presse. Diabolisé, le torture-porn n'a alors plus qu'à subir la foudre des comités de censure, soudain galvanisés. Pour la France, on se rappellera par exemple l'interdiction aux moins de 18 ans dont avait écopé Saw 3, sans grandes conséquences, et celle bien plus problématique qui planait au-dessus de Martyrs, l'un des rares représentants français du genre. Il n'empêche, dans ce contexte réfractaire, seules les aventures sanglantes du Jigsaw Killer peuvent se payer le luxe d'une véritable exploitation en salles et les chiffres très décevants de Hostel - Chapitre 2, qui n'a récolté que 35 millions de dollars sur le globe pour cause, entre autres, de piratage massif, ne font qu'enfoncer le clou : mis au ban de la distribution, le torture-porn doit changer ou disparaître.

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SUTURE... ET FUNERAILLES ?

Qu'elles en sont alors les raisons ? Est-ce à cause des critiques enflammées ? D'un changement de climat général, avec l'arrivée d'Obama qui aurait redonné un peu d'espoir aux artistes américains ? Est-ce dû à l'hésitation des distributeurs et des cinémas ? A une certaine lassitude du public ? Ou bien tout ça à la fois ? Toujours est-il que le torture-porn a indéniablement entamé une remise en cause de ses principes, inversant l'escalade de la violence qui le caractérisait jusque-là, comme en témoigne un Saw 6 plus soft que les précédents, moins traumatisé par les horreurs du monde que dégoutté par la crise générée par les financiers. Un changement que l'on doit en grande part aux scénaristes Marcus Dunstan et Patrick Melton, qui assument parfaitement leur appartenance au sous-genre tout en comprenant ses limites, ses nouveaux besoins, et s'imposent même comme ses derniers artisans puisque, hormis le sixième Saw, leur The Collector (première réalisation de Dunstan) est le seul autre représentant de la catégorie en 2009. Lequel, s'il fait bien sûr la part belle aux supplices les plus élaborés, évite le voyeurisme trop insistant pour se bâtir davantage sur une intrigue riche en surprises.

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Les heures les plus sulfureuses du torture-porn semblent donc désormais passées et déjà se dessinent les tendances à venir de l'horreur. Il y aura encore bien sûr de nombreux remakes, avec une violence plus "campy", comme l'ont amorcé Platinum Dunes et son Vendredi 13, rehaussés de relief stéréoscopique, mais le véritable Eden semble être pour l'instant les "shockumentary", les rejetons de Cannibal Holocaust et Le Projet Blair Witch. Une autre façon d'injecter du réel dans l'horreur et bien plus profitable à l'heure qu'il est comme en attestent les résultats de Paranormal Activity qui, au bout de sa cinquième semaine d'exploitation (et avec un nombre moindre de salles), faisait un meilleur week-end qu'un Saw 6 pourtant tout juste sorti. Mais on le sait, les modes vont et viennent, et il ne s'agit donc que d'une question de temps avant que le torture-porn revienne sous une forme ou une autre déverser son jusqu'au-boutisme dans les salles obscures !


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