Par Kevin Dutot - publié le 24 juillet 2008 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h39 - 0 commentaire(s)
Rappelez-vous, il y a plusieurs mois nous vous avions déjà proposé une analyse de séquence issue de Minority report... Cette semaine, nous avons décidé de revenir à nouveau sur ce long-métrage proprement épatant dont la mise en scène virtuose ne cesse de nous étonner à chaque visionnement. Alors que nous nous étions concentrés sur la scène du centre commercial et sur la manière dont Steven Spielberg parvenait à nous faire cerner une situation à travers un point de vue différé, notre Scan Séquence spécial été de cette semaine vous propose de redécouvrir l’introduction du film et sa symbolique. En effet, nous allons tenter de définir ce que Steven Spielberg tente de nous raconter durant ce prologue prophétique dont la précision cache un sens particulièrement fascinant...Réalisant une parabole passionnante sur le métier de cinéaste et de magicien de l’image, Steven Spielberg nous raconte en effet durant ces premières minutes la manière dont on construit un film, avec toutes les manipulations, coupes, opérations et manœuvres que cela implique. Son film tournant autour du thème de la vision, du regard et des apparences, le cinéaste américain introduit habilement, et avec tout le génie qu’on lui connaît, une dimension morale et instructive à son film. Si certain se sont butés à n’y voir qu’une simple introduction sans grande imagination, comme ce fut le cas de certain de nos journalistes à l’époque, il va sans dire qu’à y porter un second regard, on peut y apercevoir un nouveau sens et une intelligence de l’image proprement remarquable... Vous ne nous croyez pas ? Regardez de plus près...













Le film démarre à la surface... Dès les logos de productions, nous sommes dans un environnement trouble et ténébreux, une surface liquide recouvre intégralement ces derniers qui deviennent alors des sortes d’ectoplasmes, une matière malléable qu’il est possible de sculpter. Il y a évidemment cette notion de surface, comme une mer d’huile cachant dans ses profondeurs des mystères bien enfouis. Arrivent par la suite une série de plans flous, désassortis, explosés, indistincts... Un couple qui s’embrasse, une paire de ciseaux, une baignoire pleine de sang, un homme qui en poignarde un autre au sol, des lunettes, quelques phrases dites au hasard. C’est à l’endroit, puis à l’envers, bleu, rouge... Bref c’est un véritable magma d’image sans aucun sens qui se termine sur le dernier plan d’un œil. Nous avons ici affaire à une série de rushes, plus ou moins utilisables...














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