Par Kevin Dutot - publié le 24 juillet 2008 à 01h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h25 - 0 commentaire(s)
Notre Scan séquence hebdomadaire est plus en forme que jamais et décide de se mettre aux couleurs de l’été pour les prochaines semaines à venir en vous proposant des analyses destinées à nous ouvrir les yeux sur les blockbusters qui ont fait la joie des exploitants sur ces dernières années. Des Scan séquences Michael Bay, Sam Raimi, Steven Spielberg, Peter Jackson, Pixar et autres viendront donc vous proposer une vision alternative des ces mastodontes du cinéma et vous démontreront que le cinéma de divertissement peut-être (très) bien fait. Certes vous le saviez déjà mais un peu d’analyse technique et artistique n’a jamais fait de mal à personne... On commence donc tout de suite avec Spider-man 2, sorti sur nos écrans le 14 juillet 2004 et réalisé par l'adulé Sam Raimi. Ce second opus, considéré comme nettement supérieur au premier par l’auteur de ces lignes, est une véritable réussite tant sur le plan du récit ou sur la symbolique christique développée que sur la forme, ne nous faisant jamais oublier les sombres origines du cinéaste. Evil Dead, Evil Dead 2, Mort sur le grill ou Darkman.... C’était lui ! Nous avons donc décidé de rendre hommage à son cinéma d’antan en fouillant son oeuvre actuelle et en retrouvant ces petits signes de déséquilibre mental qui ont fait sa réputation. Dans Spider-man 2, il s’agit évidemment de la scène de l’hôpital, véritable séquence issue d’un film d’horreur. Sanglante, flippante et superbement bien mise en scène... Analyse.





Tout commence dans un bloc opératoire où plusieurs chirurgiens et infirmières sont réunis pour pratiquer une intervention sur le Docteur Otto Octavius. La lumière, plutôt claire, se concentre principalement sur le corps du docteur, au centre de la pièce. Les spots lumineux sont en marche et permettent un travail de transparence sur les draps qui recouvrent les gigantesques tentacules sortant du dos de Otto. La caméra effectue un travelling arrière afin de faire découvrir peu à peu au spectateur l’ampleur monstrueuse de la « bête » et son aspect d’animal sauvage au repos. Afin d’introduire ironiquement le triste sort réservé aux hommes et femmes présents dans cette pièce, Sam Raimi parvient à immiscer dans sa séquence une série d’armes plus tranchantes et perverses les unes que les autres. D’abord une lame de scie dentée puis une sorte de clouteuse métallique et enfin, en arrivant sur son plan d’ensemble, l’intégralité des outils de chirurgie pouvant très bien être utilisés pour de la torture. Le plan ne ment pas, nous allons assister à une séquence de violente charcuterie... D’ailleurs, les blouses bleues des médecins ainsi que les couleurs du décor (lino ringard vert et gris, murs en faïence...) rappellent étonnamment les charcuteries et épiceries américaines (dites Delicatessen). Nous sommes dans un ton bleu, froid, chirurgical, jusque dans les yeux du médecin qui s’apprête à opérer. Alors qu’il entend un léger bruit métallique et qu’il jette un coup d’oeil à un crochet évoquant celui d’un boucher, le silence se fait brutalement pour tenter d’amplifier ce petit tintement insignifiant annonçant néanmoins une terrible offensive... Il n’y a qu’à regarder de plus près, l’ennemi attaque dans le dos, on peut l'apercevoir dans la paire de lunettes du chirurgien faisant face à l’homme aux yeux bleus. C’est donc parti pour le massacre...


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