Comment avez-vous trouvé les lieux naturels où tourner le film ? Ces paysages sont vraiment impressionnants…Cela n’a pas été facile, nous avons beaucoup tourné dans le Nord du pays, et à chaque fois, nous nous faisions les mêmes réflexions : « Oui, ça c’est très beau, mais ça ne va pas, il y a trop de soleil ! » (
rires) Le village où se déroule l’action a été difficile à trouver. Parce qu’il faut bien le dire, il n’y a pas beaucoup d’endroits sans lumière où les gens ont envie d’habiter !
Comment avez-vous travaillé avec vos co-scénaristes (NDLR : Alejandro Hernandez, Herman Migoya, Jose Gamo) pour construire cette histoire ? On pense successivement que Shiver parle de maison hantée, de monstres, avant de partir encore sur une autre piste à suspense… ?On n’a pas forcément travaillé consciemment sur ces fausses pistes, l’idée était plutôt de s’attaquer à des images classiques et célèbres, comme la forêt impénétrable, la maison isolée, les villageois méfiants… Le but était d’en faire un mixage étonnant. Même si je suis fan de films fantastiques, j’ai préféré partir de cette idée d’un enfant perdu dans la forêt, plutôt que de travailler sur des monstres imaginaires et purement fantastiques. C’était intéressant de parler d’un héros malade, vu comme un vampire alors qu’il s’agit d’un adolescent bien réel. La photophobie reste une maladie très grave, beaucoup de gens en sont atteints, et les effets sont terribles : le peau part très vite en lambeaux quand on est exposé, les dents se retroussent, les cheveux tombent. C’est vrai que de loin, cela peut rapprocher la maladie du mythe du vampire.
L’acteur justement, est-il vraiment pâle ou a-t-il été beaucoup maquillé ?Un peu des deux, en fait, je lui ai surtout demandé de ne pas trop sortir, d’aller à la piscine et surtout de ne pas aller à la plage ! (
rires)
Etait-il difficile de doser les touches d’humour qui parsèment le film ?Oui, parce que pour équilibrer l’histoire, il faut toujours trouver un élément comique, plus léger, comme dans ce cas l’ami du héros. Il faut trouver un juste milieu, éviter qu’il ne serve qu’à faire le clown.
Considérez-vous que vous faites partie de cette nouvelle vague du cinéma fantastique espagnol, représentée par Balaguero, Bayona, Del Toro et Alex de la Iglesia ? Ou êtes-vous plutôt en marge de ce mouvement ?J’espère bien en faire partie, vu que leurs films ont rapporté beaucoup d’argent ! Sérieusement, c’est une bonne chose qu’autant de bons réalisateurs soient actifs en ce moment. Les gens retournent de plus en plus au cinéma, et il faut que nous les poussions à le faire en réalisant des films aussi différents que possible. Il faut arrêter de faire des films qui parlent de la guerre civile, et s’essayer à différents genres, ce que nous faisons aujourd’hui. Quand on voit qu’en France, les films locaux réalisent presque un tiers du nombre d’entrées total dans l’année… Notre objectif commun est de parvenir à imiter cet exemple chez nous. Il faut aussi signaler que les choses ne seraient pas si faciles si la gauche n’était pas au pouvoir : c’est un avantage pour nous, car nous avons plus facilement des subventions pour tourner ces films.
Quels sont vos prochains projets ?Je vais bientôt démarrer un film, qui se fera à nouveau en collaboration avec la troupe de la Fura del Baus. C’est un projet auquel nous réfléchissons depuis longtemps.
Propos recueillis par Nicolas Lemâle