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Shrek : le conte de fées en prend pour son grade !

Par Anne Louise ECHEVIN - publié le 30 juin 2010 à 02h55
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En 1995 (1996 en France), les studios Pixar ont lancé une petite bombe cinématographique avec Toy Story, dessin animé en images de synthèse qui a relancé le genre, quelque peu en difficulté, du film d'animation familial... S'en suivi quelques perles, qui ont enchanté le public. face à un tel succès, les studios Dreamworks ne pouvaient rester apathiques, et ont donc réagi en offrant (parmi d'autres) une bombe... quelque peu odorante, un poil dégueu, au mauvais esprit unique, mais finalement, pas si vilain que cela. La saga Shrek était née. Retour sur ce qui a fait son succès.

 

Shrek 4, il était une fin de Mike Mitchell


Ohohooohhh... Géant Vert !
 
Aaah qu'il est loin le temps des preux chevaliers, des princesses endormies qui attendent un chaste baiser pour rouvrir leurs petits yeux ensommeillés... Le temps des contes de fées est révolu ! Il est temps, à défaut de les rendre vraiment trash, de les détourner quelque peu. C'est la voie qu'a choisi Dreamworks pour frapper fort et marquer les esprits.
 
Shrek, le héros de la saga, est un croisement entre le gentil Géant Vert et un autre géant vert, mais du genre « pourquoi est-il aussi méchant ? », Hulk. De l'extérieur et pour ceux qui ne le connaissent pas, Shrek est un monstre pas très sympathique, dangereux, une menace verdâtre à éliminer. Et le gros bonhomme vert entretient cette réputation car, après tout, il n'est jamais aussi bien que seul dans sa forêt enchantée et dans son marais odorant...

 

 

Shrek :" Les ogres, c'est comme les oignons !

L'Ane : Ca schlingue ?" 
 

Mais, pour nous, gentils spectateurs confortablement installés dans nos fauteuils, notre première vision de l'affreux vert est plutôt sympathique. Rappelez-vous la scène d'ouverture du premier film, après le « il était une fois et blablabla... ». Nous découvrions l'ami Shrek en plein réveil : bain de boue bien compacte dans lequel l'ogre s'amuse à faire des bubulles puantes, lavage de dents à base de concentré de chenilles, nettoyage d'oreilles en forme de vuvuzuela qui permet de retirer des tas de cire de la taille d'un cierge... Forcément, un tel personnage nous est d'emblée sympathique. Shrek, vert à l'extérieur, possède un cœur tout rose bonbon gros comme ça (étirez les bras au maximum... Oui, comme ça !) à l'intérieur...

 

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Un conte de fée bien coloré
 
Le postulat de Dreamworks est simple : il faut prendre ces bons vieux contes de fées qui ont gentiment bercés notre enfance, et les secouer un bon coup pour leur redonner un bon coup de jeune. Fini le Prince Charmant, bonjour l'ogre vert. Fini la belle princesse en détresse qui attend en dormant le chaste baiser et bonjour la princesse à la malédiction quelque peu originale, et qui, en dehors de sa maitrise du kung fu, se distingue aussi par son goût pour l'humour un peu crado. Et adieu le noble et beau destrier ! A la place vous obtiendrez un âne parlant absolument horripilant. "Insupportable", comme dirait l'autre... Shrek est donc un anti-héros en puissance. Allez, osons le dire : Shrek est en quelque sorte le John McClane du conte de fées !
 

 L'Ane : "Mec, il faut prévenir quand t'en lâches un comme ça, j'avais la bouche ouverte !

Shrek : Si c'était mon pet, l'Ane, tu serais déjà mort." 

 

Regardons Shrek premier du Nom : l'ogre se voit obligé, pour récupérer sa forêt enchantée pour lui tout seul, de partir chercher la Princesse Fiona, prisonnière d'un donjon gardée par un dragon tout feu tout flamme, et de la ramener à Lord Farquaad, petit (mais vraiment petit) despote en puissance qui a besoin d'épouser une princesse bien plus grande et belle que lui pour affirmer son pouvoir... Shrek part donc en vadrouille avec sa monture, L'Ane, aux oreilles plus grandes que ses pattes, et à qui il a été accordé le don de parole. Don qu'il utilise beaucoup... Trop. Rien de mieux pour mettre en rogne le taciturne ogre... S'en suit différentes aventures jusqu'au donjon, une bataille avec une dragonne esseulée qui tombe amoureuse de L'Ane écervelé, une princesse quelque peu surprise de ses chevaliers servants, des barbes à papa en toile d'araignée et, finalement, un film toujours drôle, mais aussi tendre, sur l'acceptation de soi, la beauté intérieure et la tolérance...

Shrek Deuxième du nom reprendra les mêmes idées, confrontant cette fois le Géant Vert à sa belle famille pas très convaincue par ses manières et son rang. Shrek le Troisième du nom voyait notre vert ami se confronter à la paternité et tout faire pour éviter la royauté... Dans le quatrième volet, Shrek nous fait une crise de la quarantaine et se retrouve, suite à un processus magique abracadabrantesque, plongé dans un monde où il a perdu femme, enfant, âne et chat...

 
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Le retour de la « pétomania »
 
le conte de fée, c'est de la délicatesse, du romantisme, de beaux discours qui sentent bons les fleurs des champs et les roses sauvages... Avec Shrek, bienvenue dans l'humour régressif au mauvais esprit réjouissant. L'ogre et la douce (ahem) princesse, sous forme humaine ou sous forme verte, ne font pas dans la finesse. L'Ane est...comment dire... le compagnon le plus lourdingue qui puisse se trouver dans l'univers (pas méchant, vraiment, mais lourd...). Dreamworks se lâche dans l'humour « prout caca », là où Pixar offre des films plus dans la finesse...
 

L'Ane : "Celui là, Shrek, il était sévère. Encore deux comme ça et il va falloir changer l'air !"
 

De l'humour, de l'humour !
 
Mais c'est l'alliance entre la tendresse des films et l'humour régressif qui a fait le succès de la saga. Petits et grands arrivent à se marrer devant les aventures de la bande à l'ogre vert, que ce soit pour les blagues potaches, mais aussi pour tous les clins d'œil et détournements de films et de marques que propose la saga.

 

Avouez : lequel d'entre nous ne regarde pas les films des dizaines de fois, pour découvrir constamment de nouvelles références cachées en arrière-plan ? Les amateurs d'humour « facile » aiment la saga, les cinéphiles aiment la saga, les romantiques aiment la saga... Tout le monde aime Shrek !

 


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