A nos yeux, elle sera à jamais Vic, la jolie ado dont sont tombés amoureux tous les Français lors de
La Boum. Presque trente années plus tard,
Sophie Marceau est devenue une actrice à la palette complète, reconnue et respectée par la profession, sachant que le public ne l'a jamais délaissée. Retour sur une carrière imposante avec ce classe pas classe consacré à la belle...
A CE SOIR : Classe
Le beau premier film de Laure Duthilleul aura mis près de deux ans après sa première projection cannoise à sortir en salle. La première réplique du film ou presque est ce « oh non, pas maintenant », prononcée par
Sophie Marceau en infirmière découvrant le corps de son mari, mort. Il était pourtant temps d’avoir la sensation d’enfin voir passer l’actrice à un rôle adulte. Ce qui ne veut pas dire forcément juste dans le rendu d’un désespoir. Pas grave quand
A ce soir vise plutôt à raconter un retour à la vie, celui d’une veuve qui sort de son recueillement. Le tout sans faire une tête d’enterrement,
A ce soir serait même plutôt un film vivant, imparfait peut-être, fragile assurément, mais particulièrement attachant. Un peu comme un soleil d’automne qui réchauffe plus qu’on ne s’y attendait.
LA FIDELITE : Indécemment Classe
Dernière collaboration entre Zulawski et Marceau,
La fidélité est à remettre en perspective avec L’amour braque. Ne serait-ce que parce qu’il reprend le principe d’une recontextualisation d’un classique de la littérature. Après Dostoïevski, Zulawski resitue dans l’époque contemporaine Mme de La Fayette via une relecture de La princesse de Clèves. Remixée en relatio tumultueuse entre une photographe embauchée par un magnat de la presse people et un éditeur. Le réalisateur revient sur ses pas avec ce qui a tout d’une variation sur les thèmes de
L’important c’est d’aimer notamment l’amour envisagé comme une éthique. Forcément malmenée dans un film autopsiant les sentiments avec un regard franc. Mais aussi embué quand La fidélité laisse rapidement percevoir qu’il n’est qu’une longue lettre d’adieu de Zulawski à Marceau, qui était depuis L’amour braque sa compagne à la ville. On pourra la trouver parfois indécente ou cruelle, mais aussi audacieux témoignage d’un douloureux deuil amoureux en cours.
MARQUISE : Rétrospectivement classe
A l’époque de la sortie de
Marquise, la presse relata surtout la grosse querelle entre
Sophie Marceau et sa réalisatrice, Véra Belmont. Et oublia un film au sujet ambitieux : la vie de
Marquise, une fille de très basse extraction qui séduisit Molière, Racine avant de devenir une favorite de Louis XIV. Marquise gagne à être redécouvert, tant il semble moins empesé que nombre de films français en costumes. Sans doute parce que plus que les coulisses du pouvoir, il s’attache surtout au portrait de l’ascension sociale – et la chute- femme trop moderne pour son époque. La vision d’artistes de cette époque et leur soumission aux puissante, est moins convaincante, mais n’atténue pas les visibles énergie et passion mises aux services d’un film, qui peut sans rougir être mis aux côtés du Ridicule de
Patrice Leconte.