Avec la sortie de X-Men origins : Wolverine, la Fox prend les paris sur une formule qui n’a pas encore vraiment fait ses preuves sur grand écran : le spin off. Car s’il est un concept très usité dans le milieu de la bande dessinée et de la télévision, le spin off demeure embryonnaire dans le monde du cinéma. Quelques raisons concrètes y empêchent son développement.
Il arrive fréquemment que des magazines traitant de programmes télévisés qualifient de « suite » ou de « séquelle » ce qui en réalité participe du « spin off ». Nuançons les termes : la suite, comme son nom l’indique, fait suite à une histoire déjà contée et reprend généralement là où la précédente s’était arrêtée (
Le Parrain 2) ; la séquelle est un récit nouveau qui conserve le ou les personnages préexistants (
Indiana Jones) ; le spin off (terme économique désignant le développement inattendu d’une branche de société) met en avant le ou les personnages secondaires d’un récit, voire le décor d’un récit, dans un contexte nouveau.
C’est à la littérature populaire, et à son pendant plus moderne la bande dessinée, que l’on doit la systématisation de ce procédé. Dès le XIXème siècle, le romancier Mark Twain surfe sur le succès de ses
Aventures de Tom Sawyer et développe un ouvrage consacré à l’ami de ce dernier,
Les Aventures de Huckleberry Finn. Du côté du comic-book, au lendemain de la Seconde Guerre, les franchises
Batman et
Superman enfantent respectivement
Robin et
Superboy afin de séduire un public plus jeune. Le comic-strip
Peanuts, mettant en scène le personnage de Charlie Brown et ses amis, voit peu à peu se dégager la présence d’un chien facétieux qui en deviendra la star : Snoopy. Enfin, à la fin des années cinquante, l’artiste belge Peyo publie une nouvelle aventure de sa série
Johan et Pirlouit intitulée
La Flûte à six trous (retitrée
La Flûte à six Schtroumpfs), dans laquelle apparaissent des petits lutins bleus nommés
Les Schtroumpfs. Là où Johan et Pirlouit demeureront des personnages à la notoriété localisée,
Les Schtroumpfs iront conquérir le monde.
Tributaire de la notion de feuilleton (Tom Sawyer,
Batman and co. sont au départ des feuilletons) le spin off a fini par s’imposer assez naturellement sur le petit écran, sans rencontrer au départ de succès véritablement foudroyant (beaucoup auront oublié Super Jaimie, femme de l'homme qui valait trois milliards, ou bien
Madame Columbo, femme de qui vous savez). Et ce sont des spinoffs axés sur le décor, et non sur les personnages, qui s’imposeront avec plus d’évidence. L’univers de
Star Trek s’est ainsi vu augmenté des spinoffs
Deep Space 9 ou
Voyager, tandis que
CSI (Les Experts) voyait son concept rebondir de ville en ville (
CSI Miami,
CSI New York,
CSI La Bonneville sur Iton etc.)