Ils ne sont connus en France que pour certains films ou certaines séries télé. Mais aux Etats-Unis, ils sont avant tout des « Standup comedians ». De Bob Hope à
Ricky Gervais, petit historique d’un genre comique américain, qui a amplement nourri le Cinéma mais peine à intéresser les européens.
Depuis ses débuts, le Cinéma se persuade qu’il est le fier descendant du théâtre et cherche à minimiser ses origines foraines. En quête de respectabilité, le Cinéma muet des origines n’hésitait pas à singer son prestigieux aîné en s’adjoignant les services de vedettes des planches telles que Sarah Bernhardt, Charles Le Bargy ou Camille Saint-Saëns. Mais contre toute attente, c’est le music-hall qui allait véritablement nourrir le média naissant. De Max Linder à Charlie Chaplin en passant par Buster Keaton, l’esprit du cirque et de la pantalonnade a largement plus contribué à créer le 7ème Art que toutes les Sarah Bernhardt du monde.
Dès les années 30, le music-hall « traditionnel » américain est en perte de vitesse face à l’explosion d’Hollywood, et les derniers transfuges du music-hall à l’ancienne vers le Cinéma seront les Marx Brothers. Quittant les cabarets, la comédie sur scène envahit les night-clubs et autres débits de boisson. Les numéros deviennent des sketches, le comique de situation est remplacée par la vanne directe (punchline), le style se resserre autour de l’efficacité. Il ne faut pas confondre la Standup Comedy avec ce que nous appelons en France le One Man Show. Car le numéro de Standup, exercice intensif, dure généralement moins d’un quart d’heure. Du fait de l’exiguïté des lieux de représentation, le comédien est à la merci de son public qui n’hésitera pas à l’invectiver. Son talent est en partie jugé sur sa répartie et son impeccable tempo.

Les premiers grands noms de cette nouvelle forme d’entertainment, qui se développe prioritairement à New York et San Francisco, seront aussitôt courtisés par la radio et le cinéma. Jack Benny tournera
To Be or not to Be sous la direction d’Ernst Lubitsch, Bob Hope sera le héros de la série à succès des
Road to... (Road to Zanzibar, Road to Morroco, to Singapour, to Utopia etc.). Milton Berle apparaîtra aux côtés de Marilyn dans Le Millionnaire, puis au casting du très hétéroclite Un Monde fou, fou, fou. Mais la trop forte personnalité qu’ils se sont créé sur scène limite leur emploi dans la fiction, et c’est à la télévision, en tant que présentateurs, que leur talent sera le mieux exploité.