Par Nicolas Houguet - publié le 08 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 08 octobre 2009 à 15h01 - 0 commentaire(s)
Lorsque Spielberg reçut dans les années 90 un César d'honneur et que dans son discours, il énumérait ses influences (Truffaut, Blier, Godard...), on était devant l'émotion d'un vrai passionné de cinéma et de tout ce qu'il avait à offrir. Cet enthousiasme ne s'est jamais démenti jusqu'à nos jours. Il a rendu hommage à son art de toutes les manières possibles, dans le divertissement (Les Dents de la Mer, Jurassic Park) ou la gravité (La couleur Pourpre, La Liste de Schindler, Munich) jusqu'à des projets plus personnels (Rencontres du troisième type, E.T). C'est cette passion absolue et renouvelée à chaque film que Spielberg ne cesse de réaffirmer. On le retrouve à chaque fois dans un univers différent, mais toujours avec cet entrain, cet appétit de cinéma inépuisable. Il y a un côté insatiable chez Spielberg qui le rend extrêmement attachant.


Il fait partie de nos vies, on a grandi avec ses films, on l'a suivi dans toutes ses évolutions, il est l'un de ceux qui nous ont fait aimer le cinéma quand on était gosse. Avec ce quatrième opus d'Indiana Jones qui se profile enfin à l'horizon, il y a forcément un effet nostalgique, cette petite madeleine de Proust qui nous propulsera plus de vingt ans en arrière lorsqu'on découvrait pour la première fois le légendaire archéologue. Dans notre dossier Les Trésors d'Indiana Jones, nous avions déjà largement évoqué cela. Mais cette attente et cet enthousiasme qu'il sait communiquer, s'applique de manières très différentes à toute la carrière de Spielberg. Il a abordé tous les genres et tous les styles. Cependant il est un véritable auteur en même temps qu'un cinéaste protéiforme car il y a de grands thèmes dans son oeuvre, qu'il ne cesse d'explorer (des personnages qui s'éveillent à leur nature profonde, l'irruption de l'extraordinaire, l'humanité plongée dans les tourments de l'histoire).


Un maître du suspense
A tort on a considéré Spielberg comme un grand enfant au début de sa carrière. Un enfant prodige, certes, mais abordant des thèmes un peu naïfs. Le bougre était précoce et l'étiquetage facile. Son paternel lui avait offert une caméra à un âge encore tendre et il réalisa ses premiers films très tôt, avec un véritable sérieux (l'un d'eux s'appelait Amblin, du nom de sa future société de production). Il se passionnait pour l'aviation, faisait des petits films d'horreur. Il organisa avec aplomb des projections de ses premières oeuvres. Sa passion dévorante l'incita à abandonner ses études pour devenir assistant réalisateur. Il eut la chance de s'incruster sur le plateau d'Hitchcock (avant d'être remarqué et éconduit) et de voir le maître au travail, ce qui le marqua durablement. C'est une influence majeure pour lui. Spielberg était dominé dans son enfance par toutes sortes de phobies, il allait les traduire dans son oeuvre. Elles en seraient même le coeur dans bien des cas.
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