Par FK / RLV - publié le 24 juillet 2008 à 17h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h40 - 0 commentaire(s)
A quand remonte Projet Gamma?
Il remonte à avant l’annonce officielle de l’adaptation de Hulk par Ang Lee. Au départ, je réalise mon teaser de Daredevil et j’ai un ami geek plein de bonnes idées qui me contacte et voulait comme moi entrer dans l’industrie du cinéma. Il avait envie de faire quatre adaptations liées à la genèse des super-héros. Dans le lot, il y avait Iron Man, Les Quatre fantastiques et Hulk. Il semblait avoir une petite préférence pour Hulk et j’étais d’accord avec lui. Pour moi, Hulk était le personnage le plus intéressant à ce niveau-là mais aussi par rapport au budget qu’il avait lui-même débloqué (23 000 euros de ses propres fonds). Il propose une première mouture de scénario mais il fallait qu’il soit plus convaincant. Il fallait aller au-delà du simple teaser et se concentrer sur Banner en montrant Hulk comme une représentation des instincts de l’être humain. Ce n’est pas un jugement de valeur, il n’est ni négatif ni positif. Il a peur, il fuit ou alors il combat. Cette vision me convenait totalement. J’ai greffé à l’histoire un aspect cyberpunk, un style à la Quatrième Dimension en proposant un espèce de one shot. Comme les auteurs de bédé qui apportent leur point de vue.



Est-ce qu’il est possible de réaliser des films de super-héros en France?
J’espère sincèrement que ce sera possible. Et j’espère que je ferais parti des premiers à le faire. J’en ai un qui s’appelle Sentinelle qui se présente plus comme un film de super-héros européen et qui parle de manière sous-jacente de la culture Américaine en France. On aimerait faire un mix entre Incassable et Batman Begins. Le rapport aux super-héros a considérablement évolué chez nous. Il y a quinze ans, c’est limite si on ne passait pas pour un attardé lorsqu’on osait avouer qu’on aimait les comics. Aujourd’hui, on a démontré toute sa richesse psychologique. Et plus la France est amnésique. Elle a complètement oublié toutes les mythologies qui ont été mises en place au XIX siècle, ne serait-ce que dans des romans feuilletonesques. Pour l’instant, on a trente ans de FEMIS et de Cahiers du cinéma qui ont pourri les cerveaux. Du coup, on ne s’en croit pas capable. Il faut savoir que dans les universités américaines, les étudiants travaillent sur Victor Hugo, Arsène Lupin, Rocambole. Accessoirement, les fondements de super-héros viennent d’Europe. Notamment de Rocambole, considéré par les Américains comme le premier super-héros, déjà parce que c’est plus ou moins un anti-héros qui porte un masque et possède des visions médiumniques. Il y a eu Zorro ou même le conte de Monte Cristo. Ce dernier n’a pas de pouvoirs mais toutes les bases sont là. Pour moi, ce n’est pas un problème. Après il faut réfléchir à intégrer ce qu’on a pris aux Américains, ce qu’ils ont pu nous prendre il y a trente ans et à nous d’utiliser les bons enjeux dramatiques. Prenez l’exemple des westerns italiens. A un moment donné, qui aurait cru que les westerns spaghettis reprendraient les codes du western américain pour parfois les transcender? Personne ne se pose la question de savoir si ça marche ou pas.



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