Non content de produire
Hostel d'Eli Roth, Quentin Tarantino vient avec son frère de Robert Rodriguez de débuter le tournage de
Grind House, leur nouveau film gore dans lequel ils réaliseront tous deux des segments d'une heure. L'après-
Kill Bill s'annonce plus rapide qu'on ne le pense.
Malgré les apparences, Quentin Tarantino ne chôme pas. On l'annonce sur différents projets en tant que réalisateur, voire même en tant qu'acteur mais finalement où en est Tarantino depuis son monumental dyptique
Kill Bill ?
Le rembobinage s'impose. 2003 : explosions de geysers et délice de cinéphile dans les salles de cinéma. Un mariage en plein désert : un commando fait irruption dans la chapelle, massacre des mariés et leurs invités et disparaît, laissant pour morte la Mariée et l’enfant qu’elle porte. Après quatre ans de coma, la Mariée se lance à la poursuite des assassins, membres du gang de Bill au sein duquel elle-même exerça autrefois ses talents de tueuse. Redevenue la redoutable Black Mamba du Détachement International des Vipères Assassines, la Mariée n’a plus qu’une obsession :
Kill Bill. La grande question que pose le film est la suivante : "est-ce que vous avez déjà vécu une expérience orgasmique au cinéma ?" C’est-à-dire quand le film qui se déroule sous vos yeux correspond précisément à vos attentes, quand le cinéaste prend les horizons que vous souhaitiez faire prendre aux personnages, quand il suit vos désirs, vos instincts, vos envies de folie, de démesure... Si ça n'a jamais été le cas, alors
Kill Bill, le quatrième long-métrage de Quentin Tarantino a dû bousculer votre parcours de cinéphile. Et pourtant, au départ, on pouvait avoir peur que le plaisir ne soit pas à la hauteur du désir. On y allait méfiant, prêt à montrer les crocs devant la moindre faiblesse, à ne rien laisser passer. Surprise : à l’écran, il n’en fut rien. La magie Tarantino a opéré.
Holocaustes cannibales de Kill Bill Souvenons-nous ensemble : avec
Kill Bill vol 1., le réalisateur de
Pulp Fiction signe une œuvre inclassable qui emprunte à la fois aux films d’arts martiaux chinois, aux westerns spaghetti, à la japanimation et aux films de samouraïs nippons. L’ensemble donne un concentré de trente années de cinéma d’un bonheur inqualifiable et d’une extraordinaire densité, qui se passe de mots tant il gagne avant tout à être vu au cinéma.
Une nouvelle fois, Tarantino instille un univers personnel et unique, en évitant le rébarbatif exercice de style conjugué à la première personne. Comme toujours, il aime ses personnages et surtout il aime ses fans. Dans une démarche généreuse et sincère, Tarantino leur offre un spectacle détonant dans lequel, sous la virtuosité formelle, il fait partager ses influences. Aux antipodes des cinémas rigoureux d’Haneke et de Dumont qui, à la même période, nous avaient offert des œuvres difficiles qui demandaient beaucoup au spectateur sans rien lui donner en retour,
Kill Bill effectuait précisément le chemin inverse : il demandait peu et donnait beaucoup. Beaucoup trop d’ailleurs si le film avait été étendu sur plus de deux heures. Fractionné au bon moment au bon endroit, le film s’achève sur une multitude d’enjeux dramatiques et une pirouette inattendue qui donnent envie d’en savoir davantage et d’attendre la suite avec encore plus d’impatience.