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The Children : Interview Tom Shankland [page 1]

Par - publié le 26 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 26 octobre 2009 à 14h23 - 0 commentaire(s)
Découvert avec Waz, Tom Shankland ne plaisante pas avec la tradition des enfants tueurs au cinéma. Dans The Children, il convoque la cruauté de Les Révoltés de l’An 2000 et le climat anxiogène de Le Village des damnés pour massacrer les préjugés de l’innocence et la vénération confite de l’état d’enfance. Sept classiques du genre, sept réponses enthousiasmées.

NE VOUS RETOURNEZ PAS (Nicolas Roeg, 1973)

« C’est l’un de mes films préférés au monde ! Je l’ai découvert à l’âge de 13 ans, lors de sa diffusion à la télévision anglaise. Je me souviens l’avoir vu avec des potes chez moi, lorsque mes parents n’étaient pas là et c’était un moment joyeux où l’on pouvait boire et fumer. A la fin, j’étais tellement terrifié que je n’ai pas voulu que mes amis quittent la maison. C’était la découverte purement sensorielle. Avec l’âge, j’ai compris sa maestria : son montage, son utilisation du flash-forward, la manière dont il filme Venise comme une ville funèbre… Ce qui m’a marqué dès la première vision, c’est la scène de sexe que je trouve à la fois lyrique, décomplexée, émotionnelle. Je l’ai certainement revu vingt fois depuis. Cette image d’enfant magnifique que Donald Sutherland revoit dans son esprit est à l’arrivée une image vénéneuse, toxique : le vrai visage qui se cache derrière ce manteau rouge est si cruel. Pour The Children, j’ai demandé au monteur de s’en inspirer pour créer cette impression qu’un second film naît dans le premier. Le montage sert de métaphore pour brouiller la linéarité du récit et créer un temps suspendu, en attente. Le morceau de piano que l’on entend et qui revient de bout en bout, c’est un autre artifice subtil : on n’a pas l’impression que le morceau est joué par un adulte mais par un enfant qui fait des fautes. Ce n’est plus de l’art en ce qui me concerne, c’est du génie à l’état pur. »

LES INNOCENTS (Jack Clayton, 1961)

« Un autre de mes films cultes, rien que pour l’utilisation du noir et blanc. Le suspense repose intégralement sur la nature des enfants : sont-ils possédés ou pas ? C’est d’une grande ambigüité. Les vingt dernières minutes sont assez époustouflantes, ne serait-ce que dans la manière dont Clayton répond à ce qui nous inquiète depuis le début. Autre élément marquant : la direction des enfants acteurs, qui de surcroît doivent se débrouiller avec beaucoup de dialogues. Généralement, les dialogues trop écrits sonnent faux dans la bouche d’un enfant. Dans Les Innocents, ça sonne très juste. Ensuite, il n’y a que des scènes mémorables : l’atmosphère de la maison Victorienne, la première apparition du fantôme… En y repensant, je trouve que ça annonce les films d’horreur japonais réalisés par Hideo Nakata comme Ring et Dark Water. »

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