Par LT - publié le 05 février 2008 à 05h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h50 - 0 commentaire(s)
Mais là où Shyamalan peut parfois décevoir dans la forme, parce que l'affaire traîne parfois en longueur, il se rattrape sans soucis dans son fond en nous faisant oublier le vilain a priori de son film précédent pour quelque chose de totalement opposé. A savoir l'engraissement de la peur pointée du doigt, sans grande coïncidence avec les discours politique encore post-11 septembre, dans ce que ça peut avoir de plus néfaste dans un microcosme. Sous ses airs de film fantastique à l'écriture creuse et usée jusqu'à la moelle, ce charmant coup de pied dans la fourmilière des bonnes mœurs désuètes "vivons heureux, vivons cachés" s'impose comme une grande œuvre, d'une part visuelle, au cadrage, aux couleurs et à l'esthétique épatante, et d'une autre part dramatiquement et intelligemment abouti tant sur sa splendide histoire d'amour -moins guimauve qu'on veut bien le faire croire- que sur son véritable thème sous-jacent sans aucune commune mesure dans la biographie du cinéaste.



Ceux qui viennent de l'eau

Petit retour aux créatures concrètes et aux matériaux d'origine qui ont inspiré le réalisateur puisque La Jeune fille de l'eau, version détournée du Petit Chaperon rouge parmi tant d'autres ne va effectivement pas par quatre chemins. Entre un maquillage particulier rendant translucide la peau de la narf, Story (Bryce Dallas Howard), et l'utilisation à gogo de la 3D pour animer le scrunt, sorte de grand méchant loup conçu d'herbes et de branches fondu dans la verdure, et les tarturics, singes de bois dormant dans les arbres, Shyamalan se créé un véritable bestiaire totalement fantaisiste loin des créatures allégoriques de ses précédents films. Sans trop en dévoiler sur l'intrigue, constatons simplement que c'est le manque de symbole sur ces fameuses bestioles qui réduit l'un des nombreux potentiels du film, et que c'est d'une manière bien moins originale qu'à l'accoutumée que ces monstres sont ici pour montrer aux autres, aux hommes, qu'il se cache quelque chose de bon en eux…



AM
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