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The Hours : Scan Sequence [page 1]

Par Kevin Dutot - publié le 11 décembre 2008 à 11h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h22 - 0 commentaire(s)
Cette semaine, notre Scan Séquence du jeudi vous propose de replonger dans une oeuvre à la fois cinématographique, musicale et littéraire réalisée par le papa de Billy Elliot, Stephen Daldry. The Hours, sorti en 2002 sur les écrans est une chronique sur trois périodes de trois femmes et de l’influence de chacune sur le destin des autres. Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep sont au coeur de ce film particulièrement complexe dont le découpage reste à ce jour l’un des plus maitrisés et fascinant dans l’histoire du cinéma hollywoodien contemporain. Nous avons choisi de décortiquer la tentative de suicide du personnage de Laura, interprétée par Julianne Moore, renvoyant directement à la mort de Virgina Woolf mais également aux questionnements du film portants sur l’influence d’une oeuvre littéraire, en l'occurence Mrs Dalloway écrit en Angleterre dans les années 1920. Stephen Daldry, à l’aide d’un montage astucieux et légitime, et soutenu par la composition de Philip Glass, signe une séquence brillamment mise en scène et bouleversante. La continuité y est exemplaire et les tentatives de montage alterné élégamment ficelées ! Le tout au profit d’un récit implicite pour le spectateur, promptement souligné par la bande originale. Analyse...















Le film de Stephen Daldry se compose autour d’une série de récits symétriques, de répétitions et d’actions, qui temporellement, semblent avoir un impact infini dans l’avenir. Ainsi, il met en scène son métrage de la même manière que le scénario est construit. Utilisant formes géométriques, cadres bourrés de lignes horizontales et verticales et autres changement d’axe de caméra à angle droit, le cinéaste met en image la répétition, la boucle, l’immuabilité quasi mathématique du destin de ses personnages. Ils s’inscrivent dans un dessein qu’un roman a défini il y a plusieurs décennies. Ainsi, lorsqu’il il entame la séquence de tentative de suicide de Laura, il commence par un plan avec une forme circulaire sur plan de travail rectangulaire...







Comme ces jeux en bois pour enfants où il faut remettre la bonne forme dans le bon trou, ici il semblerait que la concordance ne se fait pas. Il y a fausse donne, quelque chose n’est pas à sa bonne place. Le gâteau n’est pas appétissant mais il n’a pas été fait avec amour. Laura n’aime pas son mari, nous le savons déjà. Elle est homosexuelle et sa différence inavouable dans les années 1950 fait d’elle une femme seule... Isolée dans le cadre, semblant ne pas appartenir à ce décorum publicitaire dont elle s’échappe par la gauche, Laura non plus n’est pas à sa place. Faisant quitter son personnage par la gauche du cadre, Daldry montre bien au spectateur qu’elle ne part pas pour aller de l’avant. Elle va à reculons... Inconsciemment, chez le spectateur, se tourner vers la gauche s’assimile au passé. Il n’est pas étonnant de voir que durant toute la séquence, le personnage de Laura ne conduira sa voiture que dans la direction gauche de l’écran.
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