The Young Indiana Jones Chronicles vol.4 – Ireland 1916 / Phantom Train Of Doom / Northern ItalyDynamique inversée pour ce quatrième opus, qui semble au premier abord faire la part belle aux compositions de Rosenthal (deux épisodes sur trois), là où McNeely doit se contenter d’une seule suite, celle du
Phantom Train Of Doom. Mais les apparences sont trompeuses, et une fois de plus, McNeely s’en tire avec brio, imposant ses compositions comme la pièce incontournable et essentielle de ce dernier disque.
Pour son premier segment, Rosenthal nous emmène en
Ireland 1916 (pistes 1-5), patchwork très réussi et enjoué de mélodies celtiques, bien souvent des chansons traditionnelles réorchestrées avec panache, et arrangées autour d’un thème principal romantique des plus efficaces. Les scènes d’action, quant à elles, sont dans un premier temps guillerettes (
Fight In The Bakery, notamment, mélange de
mickey-mousing et d’influences irlandaises), puis deviennent beaucoup plus sérieuses et dramatiques dans
The Uprising. Rosenthal revient ensuite à un ton plus triste et mélancolique avec
A Terrible Beauty (qui reprend brièvement au fiddle
The Foggy Dew, chanson chroniquant précisément les évênements décrits dans cet épisode), avant de conclure sur une note plus festive, en reprenant un à un tous les thèmes développés dans cette suite.
Avec
Phantom Train of Doom (pistes 6-16), McNeely sort la grosse artillerie. Peut-être plus encore qu’avec son
German East Africa du volume 3, le compositeur s’impose ici comme remplaçant tout désigné de John Williams. L’épisode, déjà très fortement axé sur l’aventure hors du commun (une course à travers l’Afrique pour arrêter un train blindé de l’armée allemande) prend ainsi une dimension cinématographique indéniable, à laquelle ne manque que la
Raiders March pour parfaire l’illusion.
Commençant par une brève Marseillaise enjouée, la musique devient bientôt un subtil entrelacement de rythmiques africaines et de grandes et amples mélodies symphoniques, qui sont ensuite rejointes par deux marches militaires entraînantes (
The 21st Royal Fusiliers et The Old and the Bold).
Les rythmiques africaines disparaissent alors temporairement de la composition, pour faire place à des très nettes influences de Korngold, spécialiste incontesté des films de capes et d’épée (et bien entendu l’une des inspirations majeures de tous les compositeurs modernes).
Arrive alors la piste 13,
The Phantom Train of Doom, véritable morceau de bravoure de plus de huit minutes, très réminiscent de ce que Michael Giacchino a pu faire ensuite sur les
Medal Of Honor : exceptionnelle synthèse du meilleur des séquences d’action des Indiana Jones, ce morceau mérite à lui seul l’achat du cd.
Avec
Native Battle, le contraste rythmiques africaines/mélodies symphoniques ressurgit, pour un effet assez déstabilisant, et enfin, dans
Indy Hijacks the Balloon, on retrouve une dernière fois l’inspiration
swashbuckling ayant modelé l’essentiel de cette suite, sans aucun doute la composition la plus réussie de toute la collection, et un summum de la musique de série télévisée.
En guise de conclusion, Rosenthal nous emmène alors en
Northern Italy (pistes 17-22), pour une aventure qui voit Indy affronter un bellâtre italien pour le cœur d’une jeune femme. Tarantelle napolitaine, mandoline et autres clins d’œil à Rossini et consorts sont donc de rigueur pour ces morceaux à dominante romantique et ensoleillée. Le thème de la série y est utilisé de manière assez amusante, le
mickey-mousing est lui aussi employé avec beaucoup d’allégresse, et lorsque moments plus sombres il y a, ils sont très régulièrement désamorcés par la bonne humeur générale de la partition. Difficile enfin de ne pas reconnaître l’influence flagrante du
Parrain de Rota sur plusieurs des morceaux de cette suite, tant Rosenthal semble canaliser son esprit et son écriture. Quant à
Arrivederci Indy, avec son ouverture digne d’un film muet, et sa chute en forme de gag-reprise du thème principal, il s’avère une conclusion des plus appropriées à ce qui restera comme le haut-de-gamme de la production télévisée des années 90, une série à l’ambition et l’excellence depuis trop rarement retrouvées.