Tim Robbins (à l'affiche de
Noise le 25 Février) est l'un des artistes les plus engagés de Hollywood. C'est perceptible dans son oeuvre de réalisateur (
Bob Roberts,
La Dernière marche,
Broadway 39e rue). C'est surtout un immense acteur qui a abordé tous les registres (de sa candeur dans
Le Grand Saut à l'ambiance cauchemardesque de
L'Echelle de Jacob). Il a portraituré avec maestria des personnages déboussolés (dans
Mystic River et
la Guerre des Mondes). Robbins est de ces artistes qui ont quelque chose à dire et le talent pour accompagner ses engagements. A l'image de quelqu'un comme
Sean Penn, il a construit une carrière foisonnante souvent enrichie par ses convictions humanistes.
L'actor's gang et le cinémaIl naît le 16 Octobre 1958 en Californie, fils d'un chanteur folk. Pour profiter de son succès, la famille déménage à New York, alors en pleine effervescence (Bob Dylan y débutait). Le jeune Tim grandit auprès des marginaux et des artistes de Greenwich Village. Il apprend alors la musique et accompagne ses parents dans leur vie de bohème. A l'âge de dix ans, il monte sur les planches pour la première fois. C'est alors que naît sa vocation. Il sera un homme de théâtre. Alors qu'il n'est qu'un jeune adolescent, il met déjà en scène ses premières pièces.
Robert Altman l'a comparé à Orson Welles. Sa précocité et ses excellents résultats scolaires encouragent en effet ce rapprochement. D'autre part, il se nourrit aux sources de la contre-culture et forme peu à peu sa conscience politique.
C'est lorsqu'il déménage à Los Angeles et s'inscrit à la UCLA que les choses sérieuses commencent. Il fonde une troupe « The Actor's gang ». Adaptant d'abord
Ubu roi, Robbins se fait immédiatement remarquer pour son approche à la fois engagée, absurde, provocatrice et novatrice (Robbins est un grand amateur de Punk, profondément influencé par la Comedia dell'arte). Ses productions rencontrent un succès critique immédiat et lui valent des récompenses. Mais il manque d'argent pour les monter. C'est pour cette raison purement alimentaire qu'il apparaît d'abord à l'écran.
C'est très discrètement qu'il a participé à l'excellent
Network de
Sidney Lumet (sans être crédité au générique) en 1977. Au cinéma, il décroche des rôles secondaires dans des productions franchement anecdotiques. Il est cependant amusant de le voir croiser d'autres jeunes débutants d'alors comme
Demi Moore dans
No Small affair en 1984. En 1985, dans
Garçon choc pour nana chic de
Rob Reiner, il trouve enfin un personnage plus consistant dans le rôle d'un étudiant qui traverse les Etats-Unis pour rencontrer sa belle (Nicolette Sheridan).
Le succès est là, le salaire est bon, les productions théâtrales de Robbins assurées. Il continue donc dans sa double voie, avec à chaque cachet la possibilité de faire vivre sa troupe. Il se joint à la génération montante réunie dans
Top Gun.