"Ce qui est intéressant avec les méchants de la Marvel, c’est qu’ils ne sont pas juste méchants pour être méchants, c’est la grande différence avec ceux de Superman. Je trouve passionnant que ce soient de bons vrais méchants dont l’on puisse comprendre la cause. Ils commencent par être gentils et des évènements les amènent à évoluer, ce n’est ni noir, ni blanc mais teinté de gris. Dans le monde de Hulk, c’est encore plus spécial, il n’y a jamais vraiment eu de méchant, le plus grand méchant étant Hulk lui-même, c’est Hulk contre Banner et Banner contre Hulk. Est-ce Hulk ou Banner le méchant ? Est-ce Hulk qui est une vraie bête ou les problèmes de Banner, sa haine, qui viennent engendrer ce monstre ? C’est assez complexe et les méchants sont juste le miroir des défauts des deux facettes du personnage. Blonsky est ainsi l’opposé de Banner, c’est quelqu’un qui, pour de bonnes raisons, a besoin de pouvoir mais ne le contrôle pas, perd les pédales et devient amoureux de ce pouvoir alors que Banner, parce qu’il n’en veut pas, arrive à le contrôler".Louis LeterrierAujourd’hui est sans doute une date attendue pour beaucoup d’entre vous puisque c’est cet après-midi que vous allez pouvoir constater -ou pas- le grand retour du gros bourrin de chez Marvel. Aussi, si la bonne surprise de voir un Hulk vraiment furieux sera sans doute présente, il y a fort à parier que ce qui participera à l’engouement sera la présence d’un vrai méchant au sein du film, élément que la Marvel n’a pas toujours su gérer lors de ses précédentes adaptations. Nous vous proposons donc un petit tour rapide dans le fabuleux monde des méchants des films de la Maison aux idées, avec l’espoir d’y voir un peu plus clair...

Personne ne pourra dire que Tim Roth ne fait pas le poids. C’est bien simple, il incarne une telle ordure, sa prestation est tellement forte, que considérer L’Incroyable Hulk après sa vision en occultant la présence d’Emile Blonsky semblera pour beaucoup impossible. Non pas que son personnage est remarquablement ignoble comparé aux dizaines d’autres que nous nous sommes déjà coltinés aux cours des différentes transpositions filmiques mais peut être qu’il fait son entrée par la grande porte pour la simple et unique raison qu’il a été réfléchi et travaillé par Leterrier et Roth, conscients qu’un némésis ne doit surtout pas être un simple élément parmi tant d’autres dans une intrigue. Car dans cet épisode, cette notion semble enfin avoir été prise en compte: chose que jusqu’à présent elle ne faisait pas, celle-ci étant sans doute trop occupée à établir une forme iconique et magnifique chez ses héros, mettant de côté d’un coup d’un seul le fait qu’il ne peut y avoir d’héroïsme sans actes héroïques. Toujours est il qu’il en aura fallu du temps avant d’avoir quelqu’un qui donne réellement du fil à retordre aux supra humains sans jamais être le pantin d’une sorte de malédiction qui le pousserait à révéler l’autre. La donne semble en effet changée et l’on admet enfin que pour avoir un vrai héros, il faut avant tout un vrai méchant (doctrine qui avait été assimilée par la concurrente DC depuis un bon moment). Cependant, il serait injuste de condamner la Marvel comme étant incapable de nous offrir en film les incroyables chocs de titans dont elle sait fait l’agent papier depuis maintenant plusieurs décennies. Peut être -et sans doute- est-ce la nature même de la Marvel et des mythologies qu’elle véhicule qui sont en cause?
