Cette notion, dont le salaud de service pourrait être l’outil principal, semble enfin avoir été appréciée par la Marvel puisque les deux derniers en date semblent vouloir mettre en branle cette envie de se faire plausible. Tandis que le film de Favreau allait dans une forme proche du Ironman Begins -expliquant sans répit les fonctions de tels éléments et la construction de la fameuse armure-, l’approche du vilain Obadiah Stane était offerte à un vrai acteur et non une simple gueule: Jeff Bridges dès sa première apparition ne se montrait pas uniquement sous sa forme d’antagoniste mais au contraire, par la force d’un vrai jeu, laissait connaître les failles de son personnage, ses ambiguïtés et ses ambitions tellement différentes de simples motivations… C’est aussi ce que font Leterrier et Roth dans cet Incroyable Hulk: ne pas poser là un opposant pour la simple envie de l’opposer. S’il est évident que l’Abomination dans sa forme monstrueuse et démoniaque fait partie de ces éléments purement commerciaux, éléments obligés dans un film mastodonte mettant en scène un colosse, il semble aussi certain que le vrai intérêt de cet ennemi se trouve dans son incarnation humaine. Tim Roth offre alors en l’espace de quelques scènes tout le bagage suffisant pour que, lorsqu’il se présente face à Hulk, jetant son arme et le défiant, on se demande réellement qui va morfler du monstre physique ou du monstre cérébrale. A coup sûr, cette scène exceptionnelle frappera beaucoup plus la rétine et fera plus monter la tension qu’un affrontement titanesque entre deux être disproportionnés et générés par ordinateurs... Car, si Hulk devient soudain ultra crédible face à Roth, ce n’est que pour une seule et unique raison: l’enfoiré qui est en face y croit dur comme fer.

Pour terminer, peut être devrions nous effleurer l’idée que Hulk lui-même, par les dommages qu’il entraîne, par sa colère qui ne cesse de grandir et par le plaisir qu’il semble trouver dans ses instants de toute puissance, puisse un jour devenir l’un des grands méchants de l’univers cinéma Marvel. Car faut il rappeler que plusieurs fois, les Avengers durent s’allier pour arrêter leur ami qui ravageait tout sur son passage mettant ainsi les populations en danger? Faut il aussi mentionner le fait que dernièrement, dans le comics, Red Richards et
Iron Man réussirent à envoyer définitivement le géant vert sur une autre planète pour se débarrasser de ses colères dangereuses? Et l’ambiguïté naissant dans quelques plans du film de Leterrier ne serait elle pas en train de nous indiquer que le monstre commence à accepter sa dimension terrible et les conséquences qui en découlent? Peut être en 2012, aurons nous l’honneur -ou l’horreur?- d’assister à un vrai combat terrible des Vengeurs face à un Banner incontrôlable? Si c’est le cas, c’est que la Marvel aura bien retenue la leçon quand à la construction filmique de ses méchants…