4. Michel VaillantForcément, lorsqu’on est un tant soit peu allergique à tout ce qui fait vroum vroum,
Michel Vaillant n’est pas à prescrire. Le réalisateur Louis-Pascal Couvelaire, qui tente ici un come-back grossièrement loupé après
Sueurs (c’est joli et ça sent bon), nous offre un film épilleptique, étalonné au lance-flamme, écrit à quatre orteils mais diablement efficace lorsqu’il s’agit de jouer aux voitures. Il faut donc reconnaître un certain talent pour ce qui est du rendu de la tole froissé et du pneu frotté ce qui n’est pas toujours évident. Produit par EuropaCorp dans l’espoir de mettre à l’écurie un poulain aux oeufs d’or, cette adaptation des Graton se plante littéralement au box-office et termine sa course avec un moteur essouflé. Une bonne surprise cependant qui assume pleinement son aspect BD mais qui se plante sérieusement sur les scènes dramatiques. On ne sait plus s’il faut rire ou pleurer...
3. ImmortelLorsqu’Enki Bilal fait du cinéma il faut se taire. L’artiste prend pleinement possession de son art, réunit au casting une ex miss-france et une anglaise un brin dépréssive, et nous la joue philosophe en mode « si vous ne comprenez pas c’est comme ça et pas autrement ». C’est parfois joliment emballé, on cherche l’instant x, celui qui nous fera rêver et qui donnera aux fabuleux dessins de Bilal toute la vie qu’ils méritent mais au fond on sait pertinemment que l’on s’ennuie ferme et pour de bon. Adaptation par son propre auteur de la trilogie Nikopol,
Immortel (Ad vitam) – le ad vitam est indispensable- marque peu les esprits et même les plus adeptes du dessinateur perdent pied devant cette débauche d’effets visuels souvent maladroite. Obscur scénario, personnages alambiqués, migraine ophtalmique assurée et regrets éternels. Après Bunker Palace Hotel et Tykho Moon, Bilal témoigne à nouveau de ses grands talents de créateur visuel et de génie de l’imaginaire mais manque de capter notre attention et se perd une fois de plus dans un dédale incompréhensible et souvent prétentieux.
2. Astérix et Obélix contre CésarOn peut dire tout ce qu’on veut mais il y a dans cette production toute la bonne volonté du monde pour essayer de coller au plus près à l’univers d’Uderzo et Goscinny. Si l’humour n’est pas aussi fin que dans la bande dessiné, il reste néanmoins bien présent et fidèle à ce que l’on pouvait apprécier lors des précédentes adaptations animées de la BD. Le casting, s’il semble aujourd’hui un peu daté, reste néanmoins réfléchi et légitime. Cette oeuvre de Claude Zidi n’a pas forcément à rougir de ses suites car même si le ton reste parfois embourbé dans celui d’une gentille comédie populaire inoffensive et bien pensante, elle reste à ce jour la plus proche de la bande dessinée et de ses personnages ! Par Toutatis, qui l’eut crû ?
1. Astérix et Obélix : Mission CléopâtreL’humour Canal Plus, c’est toute une épopée... Il y a des périodes creuses, de grands moments d’anthologie, de vrais comiques, des usurpateurs mais avouons-le : quelques petits irrévérencieux qui en sont sortis ont depuis fait certains miracles. C’est le cas d’Alain Chabat, le plus gros nul des Nuls, qui réalise ici son
Astérix et Obélix : Mission Gros Délire... Reléguant les personnages principaux au rang de gentils bênets, c’est tout le staff second rôle qui se taille la part du lion et qui va faire de ce film l’oeuvre culte de toute une génération. Si le film ne fait pas toujours mouche, il a néanmoins le mérite de proposer une phrase culte à la minute... Et si l’une d’entre elles ne vous plaît pas, vous pouvez toujours attendre celle qui suit. C’est le supermarché de la vanne et du jeu de mot, la foire aux références et aux crises de rire... Bref, s’il y a bien une adaptation cinématographique d’une bande dessinée qui a su mettre les bouchées doubles et proposer une véritable alternative à la BD, c’est bien ce
Mission Cléopâtre ! Avé Alain...