A l'occasion de la sortie de
The Descent : Part 2 le 14 octobre, nous vous proposons un TOP 10 "DANS LE NOIR". Les rédacteurs de DVDrama/Excessif nous dévoilent les scènes plongées dans l'obscurité qui ont pu les terroriser, les faire trembler ou, pourquoi pas, les faire rire.
Faites nous également part de vos expériences cinématographiques dans la pénombre aussi bien dans les forums que dans Blogorama...
TOP 10 DE LA RÉDACTION "DANS LE NOIR"1 -
SIGNES par Clément Sautet
M. Night Shyamalan sait faire peur, surtout si vous arrivez à vous identifier au personnage principal joué par Mel Gibson. La scène en question : La Cave. Grahams Hess est retranché avec toute sa petite famille dans la cave après que les extraterrestres aient débarqué. Les fortifications aux fenêtres n'ont pas tenu et ils sont rentrés dans la maison. Grahams est certain qu'ils sont à leurs talons. Fermant la porte, il se rend compte qu'il n'y a pas de verrou. Il retient alors la poignée pour les empêcher d'entrer. C'est alors que son frère Meryl trouve une masse pour bloquer la porte, mais dans la précipitation, il brise l'unique ampoule, les plongeant dans l'obscurité. Son fils Morgan trouve une lampe torche. C'est alors la seule source de lumière de la scène. Shyamalan joue avec cet accessoire qui lui permettra d'orienter la vision qu'il souhaite donner aux spectateurs. Morgan tient la lampe, il éclaire devant lui mais pas derrière... C'est à ce moment, où le champ de vision est restreint, que le réalisateur en profite pour donner aux extraterrestres une ouverture, dans ce lieu où ils croient tous être en sécurité. Une main étrangère frôle le garçon qui, choqué, plonge dans une grave crise d'asthme. Les extraterrestres rôdent autour de la maison, ne leur laissant pas d'autre choix que d'attendre le levé du jour arrive. Shyamalan use alors du confinement des personnages pour apporter à l'histoire un rebondissement supplémentaire et nous obliger à attendre avec eux sans savoir vraiment ce qui va se passer. Ils ne savent pas quoi faire, ils sont seuls et n'ont pas la possibilité de demander de l'aide. Morgan risque de mourir s'il n'a pas son médicament... Rien ne va quand on est enfermé dans une cave !

2 -
ALIEN, LE HUITIEME PASSAGER par Geoffrey Crété
"Dans l'espace, personne ne vous entend crier", tout le monde le sait. Mais ce qu'on oublie, c'est que dans l'obscurité du Nostromo, personne ne sait où se cache l'Alien (noir, par ailleurs). La mise en scène froide et implacable de
Ridley Scott, qui signait alors son deuxième film, transforme le vaisseau spatial blanc de la première séquence en un labyrinthe sombre et moite. Les tunnels d'aération, la fumée, le compte à rebours de l'auto-destruction, Ripley, Jones (oui, le chat), l'Alien... Petit à petit, l'étau se resserre. A la fin, Ripley est condamnée à dériver dans l'espace noir et glacial pendant 57 ans. Et la pauvre ne se doute pas de ce qui l'attend...
3 -
LE PROJET BLAIR WITCH par Jean-Patrick Desportes
En 1999, les producteurs du
Projet Blair Witch ont la brillante idée de se servir d’un media comme Internet pour lancer une campagne virale faisant croire que le film de Daniel Myrick et Edouardo Sanchez est un documentaire réel relatant les derniers moments d’une jeune équipe venue filmer la forêt réputée hantée de Blair. Pendant des mois le public s’y est trompé. La supercherie révélée n’a pas entaché le pouvoir d’épouvante du film. Jamais un film avec un si petit budget, aussi suggestif, n’aura autant fait flipper son public. Depuis, plusieurs producteurs malins s’y essaient sans jamais retrouver l’essence de cette production (
Rec,
Cloverfield). Il faut dire que les jeunes acteurs (Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael C. Williams) sont complètement inconnus et permettent facilement de croire à la véracité de son intrigue. Le film débute sur un carton prévenant que les trois apprentis cinéastes ont disparu de la circulation. On a juste retrouvé quelques bobines. On passe ensuite à des interviews de gens qui parlent du folklore autour de la sorcière de Blair. Puis les jeunes gens s’enfoncent peu à peu dans la forêt jusqu’à se perdre totalement. L’hystérie les gagne peu à peu. Ils tentent de retrouver leur chemin jusqu’à la fameuse nuit dans la tente. Tous trois dorment ensemble et on entend dans le noir complet des branches qui craquent, des pleurs d’enfants… Tout comme dans
Blanche Neige, la forêt plongée dans l’obscurité devient menaçante et l’hystérie des personnages nous servent à nous, spectateurs, de repère, de baromètre de la peur. Le lendemain suivant cette scène de grande angoisse, ils retrouvent près de leur tente un petit cadeau que leur a laissé la sorcière. Une fois encore le noir total permet de faire travailler les sons sur la psyché humaine. Et cela reste d’une efficacité à toute épreuve. On se liquéfie devant cette séquence nocturne formidablement suggestive (pas de cri de monstre, juste des pleurs et la conviction des acteurs).
Le Projet Blair Witch est un grand film d’angoisse. Une belle idée exploitée à son maximum qui joue autant avec le folklore qu’avec la peur universelle du noir. Comme quoi, un amas de millions de dollars ne remplacera jamais la conviction et la suggestion.
4 -
LE SILENCE DES AGNEAUX par Jean-Patrick Desportes
Le Silence des Agneaux fait partie des plus grands films d’angoisse jamais réalisés. Tourné il y a près de vingt ans par Jonathan Demme qui reçut pour l’occasion l’Oscar du meilleur réalisateur (le film repartira avec quatre autres statuettes), le film est resté son métrage le plus célèbre. Ensuite il faut préciser qu’après
Manhunter de
Michael Mann (
Le Sixième Sens) c’est une seconde adaptation d’un roman de Thomas Harris mettant en scène des enquêtes policières avec pour point commun le psychopathe raffiné Hannibal Lecter. Ici on suit Clarice Starling dans une enquête sur la disparition de jeunes femmes. Elle demandera l’aide de ce psychopathe emprisonné, anciennement grand psychiatre réputé, afin de coincer Buffalo Bill. La relation qui va se nouer entre Hannibal et Clarice restera l’une des plus célèbres relations homme-femme du cinéma. L’une des séquences les plus analysées du film reste celle de la cave. Grâce à un montage alterné nous pensons, nous spectateurs, que la police a enfin trouvé la maison du tueur et qu’elle s’apprête à donner l’assaut. Mais, induits en erreur par le montage on s’aperçoit alors rapidement que la police est au mauvais endroit et que seule Clarice, jeune stagiaire du F.B.I, est à la bonne adresse. Débutant sur un contrôle de routine, la séquence va vite se transformer en duel entre la jeune femme et le psychopathe dès lors qu’elle apercevra un papillon dans sa cuisine (il mettait des cocons dans la gorge de ses victimes). Elle va le poursuivre dans la maison et descendre dans sa cave glauque qui renferme, au fond d’un puits, la jeune fille qu’elle cherche. Allant de découverte en découverte (le costume de peau que se confectionne Buffalo, le puits…) Clarice, courageuse mais angoissée, se retrouve plongée dans le noir total. Ayant revêtu un casque de vision nocturne, le psychopathe s’amuse à tourner autour d’elle qui n’y voit rien. Tout comme le spectateur, elle se fie à son ouïe pour tirer sur ce monstre. Ce montage alterné entre les images verdâtres (point de vue subjectif de Buffalo) et celles très sombres, d’un point de vue objectif (montrant le visage ignoble du tueur, encore plus déformé par son casque le faisant ressembler à un insecte), resta célèbre longtemps dans les écoles de cinéma pour sa précision. La bande son, formidable, mélange habilement musique angoissante en sourdine et souffle de Clarice qui s’intensifie. On sursaute réellement de voir Clarice de dos et la main de Bill pratiquement sur son épaule. Plongés dans le noir, nous, spectateurs, n’en menons pas plus large que le personnage magnifiquement interprété par
Jodie Foster. A ce moment du film - et c’est ce que réussit cette séquence « dans le noir » - on en vient à se demander si le personnage principal que l’on suit depuis le début de l’intrigue ne va pas y passer. C’est aussi ça le noir : faire ressortir nos pires peurs tapies dans l’ombre.
5 -
THE DESCENT par Laurène Guillaume
Viens, on va se promener !Ce n’est pas une scène en particulier, ce que je retiens c’est le film en général allant crescendo. Ce huis clos nous prend aux tripes dès que les protagonistes plongent dans les grottes. En bas, c’est l’enfer. Et Neil Marshall nous le montre bien. Adieu les moments chaleureux et tendres entre ces amies, ici on ne rigole plus... Traquées, suivies, dévorées une à une par une créature,
The Descent revisite le genre horrifique. De l’hémoglobine de partout. Ca gicle, ca pète, les corps deviennent chair, l’être humain redevient un animal et son instinct de survie est mis en avant. C’est gore… mais on adore ça !