A l'occasion de la sortie de
Blood - The Last vampire, adaptation live de l'anime du même nom réalisée par Chris Nahon, la rédaction revient sur ces immortels aux dents longues avec un TOP 10 qui pourrait vous rester en travers de la jugulaire.
Nos blogueurs ont également participé avec cinéphilie et humour en livrant leurs classements personnels, comme l'ont fait certains de nos journalistes. Retrouvez donc les TOP 10 VAMPIRES de
spawn,
kiceline,
jp33,
FreddyK,
tib20011,
BER,
jackie en cliquant simplement sur leurs noms ! Ils ont par ailleurs gagné un DVD...
TOP 10 VAMPIRES - VIVIEN LEJEUNE1 - ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE Les nombreux fans d’Anne Rice l’attendaient au tournant mais Neil Jordan, servi par un casting aussi étonnant qu’impeccable, a finalement fait bien plus que livrer une simple et fidèle adaptation de cette œuvre fondatrice. En 1994, le genre est depuis longtemps cantonné aux visions modernes (et souvent grossières) des buveurs de sang - exception faite, bien sûr, du
Dracula de
Francis Ford Coppola -, et le réalisateur de
The Crying Game a alors le très bon goût de revenir aux sources en faisant de son long-métrage le plus baroque et le plus abouti des films de vampires d’approche classique tournés à ce jour - notamment à travers la beauté des éclairages de Philippe Rousselot et du chef d’œuvre musical composé par Elliot Goldenthal. D’une beauté visuelle et d’une puissance parfaitement maîtrisées, il s’impose comme LE long-métrage de référence, en plus d’être un grand film tout court.
2 - BRAM STOKER’S DRACULAUne interprétation de haut vol, des effets de plateau aussi ingénieux que saisissants, des personnages décidément hors du temps…
Francis Ford Coppola a ici réalisé bien plus qu’un film. Son
Dracula reste avant tout une véritable ode aux pionniers du cinéma fantastique, où l’inventivité et la créativité l’emportaient sur la technologie, et où chaque plan était soigneusement réfléchi avant d’être immortalisé. Son sens pictural et son amour viscéralement palpable de l’œuvre originale l’ont tout naturellement conduit à proposer au Monde cette vision unique du plus célèbre des vampires, dont on croyait pourtant déjà tout connaître. Difficile après celle-ci de revenir vers les versions campées en leurs temps par Bela Lugosi et Christopher Lee… Telle est la dure loi du cinéma.
3 - LES PREDATEURS Le début des années 80 aura décidemment été une véritable niche de créativité et de renouveau pour le cinéma fantastique. Avec son approche à la fois moderne et glacée de cette éternelle chasse à la chair, Tony Scott est le premier à jouer à ce point avec la sensualité et l’ambivalence sexuelle des vampires… Aux charmes de
Catherine Deneuve et de la encore toute jeune
Susan Sarandon répond la subtile androgénie d’un David Bowie au charisme toujours inégalé, et le costume trois pièces remplace alors la cape noire et sang tandis que le malaise prend délicieusement le dessus sur le classicisme encore très figé par les productions de la Hammer. Certains lui reprocheront ses allures de vidéo clip, les autres y verront la clé de voute idéale vers les prochaines générations vampiriques, accompagnée d’un précieux sens de l’esthétisme.
4 - LA SAGESSE DES CROCODILES Dans la mouvance des
Prédateurs, Leong Po-Chih fait lui aussi de son personnage principal un être résolument contemporain et d’une très grande classe, dont la beauté froide ne peut que susciter autant d’attirance que d’appréhension. En un sens,
Jude Law succède ainsi à David Bowie dans ce qui ressemble à présent bien plus à un thriller psychologique (ou à un polar de l’extrême) qu’à un énième récit horrifique - et où les motivations de l’assassin ne sont pas nécessairement celles que l’on aurait pu croire. Feutré et enivrant : de loin l’un des meilleurs essais du genre…
5 - GENERATION PERDUEPersonne n’y croyait et pourtant, l’audace de
Joel Schumacher aura été payante ! En 1987, ses vampires « new age », guidés par un
Kiefer Sutherland tout juste révélé par
Stand by me, créent autant la surprise que l’évènement et les vieilles capes poussiéreuses s’effacent au profit des longs manteaux, des bécanes vrombissantes et des coupes en crêtes ; tandis que les cercueils et châteaux sont remplacés par des sous-terrains squattés par l’aura de Jim Morrison… Combinant habilement aventure, action, horreur, romance et humour potache, ces « Lost Boys » imposent un nouveau visage aux vampires de tout bord, avec autant de fun que de crédibilité, et font évoluer le mythe là où personne n’était encore jamais allé…
6 - CRONOSEn 1994, le grand Guillermo del Toro ne se doute pas encore de l’incroyable carrière internationale qui l’attend… mais déjà entouré de son futur
Hellboy,
Ron Perlman, il laisse lui aussi une indélébile empreinte au cinéma vampirique avec ce film qui réinvente plus les origines de l’immortalité qu’il ne joue sur les stéréotypes habituels des personnages. Grâce à son univers visuel et ses sublimes éclairages cuivrés déjà bien établis, cette « relecture de la boite de Pandore », parsemée de la magie des alchimistes, impose son propre style et porte la légende encore un peu plus loin.
7 - NOSFERATU LE VAMPIRE Si le cinéma n’était pas en perpétuelle évolution,
Nosferatu devrait être bien plus haut dans ce classement, tant ce chef d’œuvre absolu de Friedrich Wilhelm Murnau aura posé les bases d’un art révolutionnaire, où tout restait encore à inventer en 1922… Adaptation non officielle (et poursuivie en justice par son épouse) du roman de Bram Stoker, ce premier film - à voir de préférence dans sa version teintée d’origine -, aura effrayé une époque toute entière et rendu fou son principal interprète, Max Schreck. Dire que « le cinéma fantastique en son entier lui doit tout » relève de l’euphémisme et, aujourd’hui encore, on n’a de cesse de s’émerveiller devant l’ingéniosité et la beauté des plans du cinéaste tout comme de l’étonnante crédibilité de ses comédiens et de leurs maquillages. Un choc éternel…
8 - TALE OF VAMPIRES La vision glaciale et parfois gore des vampires suédois d’Anders Banke surprend surtout par son implacabilité. Proposé comme un huis-clos au sein d’un hôpital de province plongée dans la plus sinistre des nuits polaires, ce long-métrage pourrait tout aussi bien être un film de zombies nouvelle génération… Les ficelles sont les mêmes mais le dépaysement reste total et l’ambiance générale, écrasante à souhait, renferme ce petit plus qui fait la différence. Ici : pas d’apport au mythe, comme l’indique si bien le titre il s’agit là d’une histoire isolée, simple fable parmi tant d’autres, mais dont le contexte enneigé suffit à vous glacer le sang… presque autant que les tueries des hybrides cherchant à ressusciter leur Maître.
9 - LE BAL DES VAMPIRESUne comédie burlesque qui parvient néanmoins à susciter quelques surprises sanglantes avec une musique des plus efficaces : tel est le tour de force réussi par Roman Polanski en 1967. En bon pastiche, la panoplie complète des clichés vampiriques prend ici des allures de danse macabre, certes attendue mais tellement jubilatoire, et le réalisateur met adroitement l’accent sur le plus grand secret de tout vampire qui se respecte : la séduction. Du rire, du sang et des jolies femmes… une recette miracle ?
10 - UNE NUIT EN ENFER Rien que le tatouage de
George Clooney mérite de voir figurer le film dans ce classement. Pas le plus fidèle au mythe… pas le plus indispensable… certainement pas le plus subtil non plus… mais voilà bien un casting et une énergie qui vous revigore les incisives ! Entre l’inoubliable danse de Salma Hayek et le « sex gun » de Tom Savini, l’exercice de style du tandem Robert Rodriguez /
Quentin Tarantino s’en paie une sacrée tranche et détient peut-être même le record du plus grand nombre de litres d’hémoglobine jamais répandus dans un bar en une seule nuit… ça sert à rien mais ça fait du bien.
LE TOP DU PIRE VAMPIRIQUEEMBRACE OF THE VAMPIREImpossible de faire l’impasse sur ce « chef d’œuvre » de la série Z signé Anne Goursaud en 1994… Exception faite de la mythique poitrine d’Alyssa Milano et de ses bas blancs brodés à en faire saliver plus d’un suceur (de sang), tout s’enchaîne ici avec une faute de goût exemplaire et - surtout - une qualité d’interprétation rarement égalée, assoyant Martin Kemp comme l’un des Maîtres Vampires les moins charismatiques et même les plus ridicules qu’un écran, grand ou petit, ait jamais connu. Présenté comme un récit vampirique moderne et ultra sensuel,
Embrace of the vampire se distingue, en fait, surtout par sa capacité à dignement animer les soirées pizzas les plus navrantes… car, après tout, que deviendrions-nous si le « nanar » n’existait pas ?
LE PRIX DE LA GOUSSE D’AILTWILIGHTMais qu’est-ce qu’elles ont toutes avec ça ? Ados, trentenaires et plus… toutes semblent désespérément atteintes de cette fameuse « Twilight Mania » qui sévit depuis quelques mois déjà. Pourtant, la réalisation est des plus banales… l’intrigue déjà vue et revue (surtout en télévision)… et ce n’est pas tant la qualité très moyenne du film de Katherine Hardwicke ou le charisme acidulé de son vampire pour teenagers qui choquent le plus. Non, c’est bel et bien la réaction d’un public en folie qui étonne viscéralement face à ce nouveau phénomène de société. Qu’a-t-il de plus qu’un Angel ? Qu’a-t-elle de moins qu’une Buffy ? Le mystère reste entier… Heureusement qu’en marge de tout cela, la seconde saison de
True Blood vient de commencer.