Comme ils ne sont pas du tout d’accord sur
2h37 (chef-d’oeuvre ou pétard mouillé, la rédac hésite encore), RLV & LT livrent leur top 10 des films sur l’adolescence. Pas des films qu’ils préféraient ados auquel cas on confiera que Romain a tourné de l’œil en découvrant
Le Locataire à 15 ans et que Laurent se déguisait en Batman pendant les surboums d’une ex-boutonneuse (à quel âge déjà ?), mais ceux qui reflètent, selon eux, au plus juste, le terrible âge ingrat où rien n’est facile et tout le monde est si cruel.
LE TOP 10 DE ROMAIN LE VERNFAMILY LIFE (KEN LOACH)
Parce que Ken Loach, à la hauteur de son sujet, retranscrit au mieux l’enfermement mental d’une demoiselle face à des parents rigoristes. Parce qu’il fait moche sur la pellicule, parce que le temps semble engourdi comme un dimanche après-midi pluvieux où on s’ennuie, parce que ça passe par là où tout ado en révolte contre le système est déjà passé et qu’on a tous été à deux doigts de finir comme l’héroïne. Parce que ça se termine donc très mal et que ça déchire le cœur.
KEN PARK (LARRY CLARK)
Pour l’expression de la haine de soi, du corps, des autres et des parents. Parce que l’abandon dans le sexe compense le manque d’amour. Parce qu’on ne choisit pas sa famille. Pour la scène de masturbation sur les halètements des joueuses de tennis qui confronte l’univers clos de la chambre – duquel nous sommes voyeurs – et le monde extérieur où tout est anonyme. En sondant les rages et les secrets de l’adolescence, Larry Clark et Korine ont fait très fort.
GHOST WORLD (TERRY ZWIGOFF)
Pour la description d’un monde digne de Daria où tout est perçu du point de vue de son ado goguenard. Pour le portrait d’une adolescente qui semble être seule à voir la beauté cachée de la vie et donne son temps et sa compassion à un vieux garçon secrètement triste. Parce qu’elle tente coûte que coûte de résister aux contingences du monde réel. Parce qu’elle écoute de la musique qui n’est pas à la mode et parce qu’elle envoie chier ceux qui veulent se la jouer cool ou qui aiment le reggae. Parce qu’elle est antipathique et qu’on l’adore ainsi.
VIRGIN SUICIDES (SOFIA COPPOLA)
Parce qu’on ne saura jamais vraiment ce qui est arrivé aux sœurs Lisbon. Pour la photographie de David Hamilton sur laquelle Coppola a posé une voix-off tragique digne de Proust. Pour les sourires tristes de Kirsten Dunst. Parce que l’éducation stricte des parents pousse les progénitures chéries à se faner, puis à se détruire. Parce que la bande-son (remarquable) de Air retranscrit toutes les sensations étranges qui se passent dans le cerveau d’un ado de 15 ans. Parce qu’on aimerait que le monde soit beau, lent, aérien et suspendu comme un morceau du duo Versaillais.
DONNIE DARKO (RICHARD KELLY)
Parce que l’ado Donnie Darko évolue dans une spirale temporelle malaisante, qu’il suspecte toutes les zones d’ombre autour de lui, qu’il aimerait avec ses potes se faire une stroumphette, qu’il prend des pilules qui le rendent plus cinglé qu’il ne l’est originellement. Et, surtout, parce qu’il vit avec cette sensation terrible qu’il va mourir prochainement sans avoir goûté aux doux plaisirs de la vie.