Après
Heat (que l'on retrouve d'ailleurs en tête de notre classement), on pensait que
Michael Mann en avait terminé avec les séquences de braquage. C'était sans compter sur
Public Enemies où le cinéaste parvient une nouvelle fois à étonner le spectateur, livrant des expérimentations visuelles hors normes et revisitant le genre avec maestria. Tour d'horizon des films de braquages en 10 longs-métrages essentiels...
TOP 10 DE LA RÉDACTION1 – HEAT par Vivien Lejeune
C’était le choc des titans annoncé…
Al Pacino et
Robert de Niro allaient enfin être confrontés l’un à l’autre dans ce qui aurait pu être un excellent film de gangsters. Mais sous la direction de
Michael Mann,
Heat devient en fait très vite LE chef d’œuvre du genre. La tension est continue… l’atmosphère totalement inédite… les acteurs plus impliqués que jamais… les scènes d’action deviennent ni plus ni moins qu’une « petite » révolution d’un genre pourtant bien en place… et l’envoûtante musique d’Elliot Goldenthal achève d’en faire l’affrontement le plus absolu des années 90. Certes, la scène de braquage y est très courte, expéditive, mais aussi d’une grande justesse, et la magistrale fusillade qui s’en suit suffit à elle seule à dignement lui octroyer cette première place… Car qu’on se le dise : le seul réalisateur actuel capable de faire mieux que
Heat s’appelle
Michael Mann.
2 - UN APRÈS-MIDI DE CHIEN par Jean Patrick Desportes
L’un des plus grands films de braquage jamais réalisé.
Al Pacino réalise ici l’une de ses plus grandes performances. Voyez plutôt : Sonny, pour payer l’opération de son petit ami (qui va devenir femme), va braquer une banque. Ce qui devait à l’origine être un braquage carré se transforme en cirque médiatique qui à l’évidence ne se terminera pas bien. Lumet réalise un film socialement très engagé dans une époque qui avait énormément besoin de bouleverser les conventions en plus d’alerter l’opinion publique sur le sort réservé aux marginaux. Après
Serpico (1973) Lumet et Pacino fêtaient leurs grandes retrouvailles avec ce film devenu culte ainsi que Pacino et John Cazale (Sal) après
Le Parrain 2 (Cazale interprétait Fredo Corleone). Le film influencera énormément le genre.
JCVD étant le dernier exemple en date.
3 - OCEAN'S ELEVEN par Jean Patrick Desportes
Soderbergh remake
L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone ; 1960). Ce film à la fois fun et terriblement Glam’ donnera naissance à deux séquelles. Le succès du film tient au charisme inébranlable de ses stars (
George Clooney,
Brad Pitt, Julia Roberts,
Matt Damon) et au côté « irréaliste » de son action. La bande à Danny Ocean réussit à chaque fois ses coups et le braquage devient jouissif pour le spectateur qui s’entiche rapidement de ces gentils voyous. Dans ce premier opus ils vont voler trois casinos en même temps. Ici rien de très social mais une pêche d’enfer pour raconter le déroulement presque parfait des opérations de ce gang aussi classe que décalé. La fluidité de la mise en scène et la qualité d’interprétation font vite oublier les grosses ficelles scénaristiques.
4 -
PIÈGE DE CRISTAL par Nicolas Schiavi
On pense régulièrement à
Piège de cristal comme le meilleur film d'action jamais réalisé. On oublie souvent de dire que la bande de Hans Gruber contre laquelle lutte John McClane est venue s'enfermer dans une tour de verre avec des otages pour soutirer quelques millions de dollars à une multinationale japonaise. Technologie de pointe, organisation parfaite, gros bras armés et motivation exemplaire. Tous les ingrédients d'un groupuscule qui ne va pas hésiter à tuer le président de Nakatomi et traquer un flic new-yorkais se prenant pour Gary Cooper.
John McTiernan impose les nouvelles lois du genre,
Bruce Willis devient une star et Alan Rickman un méchant qui fera date.