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Top 10 : Les Mondes ParallÈles [page 1]

Par - publié le 11 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 11 octobre 2009 à 23h55 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie de Coraline réalisé par Henry Selick, la rédaction propose aujourd'hui son TOP 10 des mondes parallèles au cinéma, forcément non exhaustif et reflet du classement personnel de sept rédacteurs. Univers tangent, monde alternatif, retour dans le passé, variations du futur, déformation du continuum espace-temps : le septième art, terrain privilégié d'une autre réalité continue de puiser dans cette thématique comme une mise en abîme de lui-même. Petit tour d'horizon en espérant que vous ouvrirez votre propre porte vers cet ailleurs inquiétant ou énigmatique. Chers forumeurs, chers blogueurs, nous attendons vos TOPs 10 !

Nicolas Schiavi

TOP 10 DE LA REDACTION

1 - LE VOYAGE DE CHIHIRO par David A.
Très gros succès après Princesse Mononoké, Hayao Miyazaki nous entraîne cette fois-ci dans l'univers des Kami, des dieux et des esprits du folklore shintoïste, la religion originelle japonaise. Le film suit les aventures de la petite Chihiro dont les parents ont été transformés en cochons par les pouvoirs maléfiques de la sorcières Yubaba dans un village étrnage, abandonné. La petite devient alors une bonne à tout faire dans un mystérieux édifice, une sorte de hamam pour créaures fantastiques. D'une incroyable beauté graphique, le film obtient rien de moins que l'Ours d'Or du Festival de Berlin en 2002, une première pour un film d'animation.



2 - ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (VERSION DISNEY) par Lucie Pedrola
Alice au Pays des Merveilles, c’est le dessin animé Disney que nous aimions bien mais qui nous laissait tout de même assez circonspects quand nous étions petits. Peut-être la faute à une intrigue adoptant les sinuosités du rêve et de l’errement. Il faut avoir la curiosité de revoir ce film grandi de quelques centimètres pour goûter à la succulente folie de cette adaptation de Lewis Caroll. Alice, ennuyée par ses leçons, passe la porte des songes et se retrouve dans un monde labyrinthique où chaque personnage est mouvant, de la grande Reine de cœur et son obsession des têtes coupées aux fleurs entonnant leur Matin de Mai Fleuri avant de brutaliser Alice, la « mauvaise herbe des chants ». Citons juste encore le chat de Cheshire, apparition délirante, dont le sourire lunaire ne fait que renforcer le caractère absurde de son discours –nous vous mettons au défi de trouver un quelconque sens à sa chanson dont la version française évoque des « momraths» et des « rhododendroves ».

3 - L'ANTRE DE LA FOLIE par PitouWH
Dernière pierre de sa trilogie de l'Apocalypse (après The Thing et Prince des Ténèbres), Carpenter signait avec ce film l'un de ses efforts les plus terrifiants, nous plongeant dans un univers à la croisée de Stephen King et Lovecraft sur fond de fin du monde. Brave est donc celui qui ne frissonne pas lors de l'enquête de John Trent -excellent Sam Neil- sur la trace d'un auteur à succès ayant disparu dans la ville fictive de ses romans. Un pitch de départ déjà bien timbré que le réalisateur et son scénariste ne vont cesser de creuser, effaçant avec génie les frontières entre les différents univers (dont celui du spectateur) pour mieux nous laisser nous perdre dans L'Antre de la folie...

4 - ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND par David A.
Tour de force scénaristique et scénique, Eternal sunshine of the spotless mind nous plonge dans les méandres de la mémoire avec une maîtrise déconcertante. Joël et Clémentine, un couple qui bat de l'aile, décident d'effacer tous les souvenirs liés de près ou de loin à leur relation amoureuse. Pourtant, alors que l'on efface les souvenirs de Joël, celui-ci se rebelle et cours après les quelques bribes de réminescences de sa mémoire. Le film joue entre les limites très floues de la réalité et du souvenir, du présent et du passé, au point de perturber la perception des évènements. Michel Gondry utilise à plein les possibilités de jeu de Jim Carrey, étonnant de sensibilité et de sincérité face à une Kate Winslet touchante et séduisante.



5 - LE TESTAMENT D'ORPHEE par Jean-Baptiste Guégan
S'il est un film qui joue sur les apparences et nous plonge au cœur d'univers parallèles avec force poésie, c'est indéniablement au film de Jean Cocteau, Le testament d'Orphée,que l'on songe. En effet, sublime de mise en scène, ce métrage dans lequel le cinéaste se met lui-même en jeu au pur profit de la forme et de son expressivité, impressionne sans conteste. Après avoir vu son précédent Orphée faire du miroir, la porte symbolique et l'écran entre le monde des vivants et celui des morts, ce film de 1959 reste un modèle et un exemple parmi les plus importants. Parce qu'il tisse des liens entre deux mondes a priori séparés par nature, celui de l'image et celui de l'écrit; parce qu'il impose une vision fantasmagorique dans la représentation de ces réalités mais plus encore parce qu'il sait traiter et adapter avec une rare subtilité tant thématique que visuelle, le mythe d'Orphée. Si de surcroît, est pris en considération le fait que ce film s'inscrit comme le dernier que signera Cocteau avant de s'éteindre en 1963 et qu'il clôt une trilogie d'ampleur commencée avec le Sang d'un poète et l'Orphée de 1949 où s'illustre Jean Marais, il n'y a pas à trancher, le testament d'Orphée est un grand film et assurément l'un des plus habiles à aborder la transversalité.

6 - LE LABYRINTHE DE PAN par PitouWH
Après L'Echine du Diable, Del Toro continuait de confronter l'innocence de l'enfance à la folie des adultes (toujours représentée par la guerre) sauf que, ce coup-ci, il délaisse les fantômes et opte pour une approche de contes de fées, faisant de la fantasy le seul salut possible pour la jeune Ophélia. Elle a ainsi beau rencontrer des créatures effrayantes (Del Toro confirme ici son goût assuré en la matière) lors des épreuves pour regagner la place qui est la sienne dans l'autre monde, celles-ci sont encore loin de faire le poids face à un Sergi Lopez transformé en figure absolue du Mal. Pas de doute : l'Enfer est sur Terre et, dans un final aussi choquant que libérateur, le jovial Mexicain nous donne la clé pour entrevoir l'autre côté de la triste réalité.

7 - LAST ACTION HERO par PitouWH
Qui n'a jamais rêvé de partager les aventures de ses héros favoris ? Un vrai fantasme de gosse (tenace en plus, l'animal) que réalise pour nous Last Action Hero, monstrueux film-somme du cinéma qui dépote mené par la main de maître du grand McT. Les scènes d'action outrageusement énormes s'enchaînent ainsi à cadence égale avec des références jouissives qui ne cessent de tisser le lien entre notre réalité et le monde de Jack Slater (Schwarzy, plus drôle que jamais), nous y faisant alors d'autant mieux entrer. C'est ça la magie du cinéma !

8 - L'EFFET PAPILLON par Clément Sautet
Evan a le pouvoir de remonter le temps et de changer ce que Doc Brown appelait "le continuum espace temps". Jonglant avec les dimensions, il crée un présent alternatif et se pose en dieu de la destinée. Mais ce pouvoir dépasse celui qui joue avec et piège l'araignée dans sa propre toile. Le film impose une fin politiquement correcte pleine d'espoir alors que la director's cut propose une alternative où le héros retourne dans le ventre de sa mère et s’étrangle avec le cardon ombilical. Jamais se tirer une balle dans le pied n'aurait dû avoir autant de conséquences. La mort étant la seule solution. On ressort de là en se disant "Et si je pouvais changer une partie de ma vie..."

9 - DONNIE DARKO par Nicolas Schiavi
Bien entendu, le chef d'oeuvre de Richard Kelly ne peut s'arrêter à un seul niveau de lecture. La densité de sa dramaturgie amène son personnage principal à visiter un monde parallèle dans lequel il devient une erreur cosmique qui n'aurait jamais dû survivre au crash du réacteur. Au moment où Franck rend visite à l'adolescent pour la première fois, un univers alternatif se crée. En tant qu'élément perturbateur de ce split quantique, Donnie se doit de fermer ce monde parallèle en rejoignant le point d'origine par un saut dans la passé et se suicider. Compliqué ? Génial !



10 - STAR TREK par Nicolas Schiavi / MONSTRES ET CIE par Lucie Pedrola
Star Trek le onzième est un pari insensé : inventer une dimension parallèle à une franchise datant de 40 ans tout en reprenant les personnages de la série originale et des premiers longs-métrages. Une dimension parallèle d'où s'échappe Nero (Eric Bana) bien décidé à venger la disparition de son peuple en confrontant Spock à sa propre douleur, sa propre dépossession. Les nombreuses surprises scénaristiques dues à la déformation du continuum espace-temps ont fait hurler les fans les plus acharnés. Pourtant, les autres ont été émerveillés par le respect du réalisateur envers leur communauté et la réinvention téméraire de la légende trekienne.

Les imaginations de Pete Docter, David Silverman, Lee Unkrich et Darla Anderson ont offert à nos yeux pétillants des petits bijoux d’animation à de multiples reprises. Après Toy Story et sa suite, Monstres et Cie prouvait déjà l’incroyable capacité des studios à se renouveler, à créer des univers modelés sur des idées originales à l’intrigue captivante peuplés de héros attachants. Bob et Sully sont les stars de Monstropolis, un monde dans lequel les monstres vivent en paix, n’intervenant dans le monde des humains que pour terroriser les enfants et leur faire pousser des cris permettant de fournir la ville en électricité pour toute une semaine. Voilà l’explication de nos terreurs enfantines ! Le cri d’enfant est la meilleure source d’énergie trouvée par nos voisins de Monstropolis ! Un postulat de départ singulier et épatant pour un monde très bien construit autour de cette première idée. Une des excellentes inventions de Pixar.


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