Entre les sorties de
Destricted au cinéma ou
Lady Chatterley en DVD, l'actu prend une tournure quelque peu... érotique. RLV et LT en profitent pour se remémorer leurs séquences les plus torrides devant une toile. Résultat : un top 10 chacun évidemment ! A noter que devant l'ampleur de la tâche et les nombreuses expériences qu'il a connues dans ce registre, RLV a décidé de se cantonner à des réalisateurs, tandis que LT préfère citer un film en particulier. Libre à vous de choisir la méthode qui vous convient le mieux. On attend en tout cas vos tops 10 dans les forums.
TOP 10 ROMAIN LE VERNJANE CAMPION (LA LECON DE PIANO / IN THE CUT)
Parce que Jane Campion reste l’une des meilleures cinéastes pour capter le désir dans tous ses états au moment où a priori on s’y attend le moins. Chez elle, l’intrigue, qu’elle soit policière ou quête métaphysique, ne semble qu’un prétexte à radiographier l’essence du plaisir charnel. Pour Nicole Kidman, corseté dans son costume et son époque dans
Portrait de femme. Pour Kate Winslet, en pleine crise mystique dans
Holy Smoke. Pour Holly Hunter qui exprime un charivari intérieur par la simple intensité de son regard perçant dans
La leçon de Piano. Pour Meg Ryan, vieille fille qui après avoir assisté à une scène d’intimité du genre intense ne contrôle plus ses sens en croisant le regard voluptueux de Mark Ruffalo, au contact de son corps électrique, dans le bouillonnant
In the Cut.
PAUL VERHOEVEN (TURKISH DELIGHT / LE QUATRIEME HOMME / LA CHAIR ET LE SANG)
Dans le cinéma de Verhoeven, la sexualité sert souvent à déterminer les rapports de force: dans
Le Quatrième Homme, les désirs s'épuisent dans le vide (la scène où le mec observe sa camarade et l'objet de ses convoitises dans une chambre à travers un trou de serrure) et la réalité se cogne gentiment aux délires mentaux.
Katie Tippel, demoiselle fraîche et peu farouche, découvre qu'il est possible de grimper l'échelle sociale en usant du sexe. Dans
Showgirls, la protagoniste fera la même chose en devenant aussi intraitable que le Las Vegas dans lequel elle évolue: cité putride où on vend du sexe racoleur et sans âme. La charge de cette fable sur l'arrivisme est si explosive que les critiques de l'époque ont reproché à Verhoeven d'avoir voulu faire un film de pervers traité au premier des degrés. Mais si Verhoeven est un cochon qui s'assume, c'est sans doute grâce à sa manière totalement décomplexée de filmer le sexe. Dans
Turkish Delight, les deux amants mortels se baladent nus sans la moindre contrariété et ne pensent qu'à jouir de leurs caresses en faisant l'amour où ils veulent (voiture, alcôve). La première partie Hollandaise donne également une importance cruciale aux perversions (
Business is Business avec les mises en abyme érotiques), à l'homosexualité (les hommes qui se mesurent le sexe dans
Spetters, l'écrivain bisexuel dans
Le quatrième Homme) et aux scènes de viol (celle dans
La chair et le sang ; celle, horrible, dans
Spetters) où le plaisir et la souffrance sont étrangement liés. Dans
La chair et le sang, sa première oeuvre US, Verhoeven filme Rutger Hauer et Jennifer Jason Leigh dans toutes sortes de positions lascives. Dans
Total Recall, une femme a trois seins. De même, dans
Hollow Man, la première chose à laquelle le protagoniste pense grâce à son don d'invisibilité, c'est d'aller voir les demoiselles sous la douche et de tripoter leurs seins allègrement. Sinon, comment ne pas citer la fameuse scène dans
Basic Instinct où Sharon Stone, interrogée au commissariat, révèle son intimité aux spectateurs masculins invités à l'occasion à user du rembobinage? Un moyen selon Verhoeven de rendre le spectateur américain lambda tout chose: la bouche bée comme un gros porc. Comment oublier, dans la même scène, la scène de la boîte assez hot sur le morceau La Tour (
Blue) ? Comment enlever de l'esprit la scène d'introduction avec le premier meurtre tendance barbaque où sexe et sang ne font qu'un? Dans le dernier
Black Book, la jeune résistante use de son charme, puis de ses atouts charnels, pour séduire un officier nazi toqué de timbres. La suite démontre que le coeur a ses raisons...