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LE SOMMAIRE DU DOSSIER

Top 10 : Zombies [Page 1]

Par - publié le 23 novembre 2009 à 15h09 ,
MAJ le 27 novembre 2009 à 09h38 - 3 commentaire(s)

Le film de Zombie est devenu un genre à part entière dont le maître incontesté est George A. Romero, grand manitou du mort-vivant revenu à la vie pour suçer vos entrailler et mordre votre chair. A l'occasion de la sortie de Bienvenue à Zombieland et à travers un Top 10 de la rédaction, nous voulions rendre hommage à ces créatures cauchermardesques dont l'image n'a cessé d'évoluer au fil l'histoire du cinéma.

 

 

Johnny : " They're coming to get you, Barbara, there's one of them now ! "

 

La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead) - George A. Romero - 1968

 

 

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1 - La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead) par Geoffrey Crété

"They're coming to get you Barbara...". Lorsqu'un des personnages s'amuse à effrayer sa soeur au début du film, il est bien loin de se douter de la situation cauchemardesque dans laquelle ils vont plonger. Premier film de l'incontournable George Romero, La nuit des morts-vivants est un film passionnant à creuser. D'un point de vue cinématographique, il marque par son atmosphère tendue ; la maison où se réfugient les personnages est faussement paisible, l'attente de la prochaine attaque est insoutenable, et l'image de la petite fille transformée en zombie qui tue ses parents restera gravée dans les mémoires de tous les cinéphiles. Replacé dans son époque, le film de Romero prend ensuite une valeur politique. Dans un pays où la ségrégation raciale est encore ancrée dans l'inconscient collectif, faire d'un acteur Noir le seul survivant de son film est marquant. Surtout lorsqu'il se fait abattre par des policiers qui le prennent pour un zombie. De là a y voir une violente métaphore des Etats-Unis, il n'y a qu'un tout petit pas.


2 - Zombie (Dawn of the Dead) par Geoffrey Crété

Indéniablement, le Romero le plus célèbre. Deuxième volet de la trilogie des zombies, le film suit un groupe de survivants qui se réfugie dans un centre commercial, dans un monde peuplé de morts-vivants. Considéré comme un des meilleurs films du genre par un bon nombre de critiques, Zombie n'aurait probablement jamais vu le jour sans le soutien de Dario Argento, marqué par La nuit des morts-vivants. Au final, Zombie est bel et bien un film passionnant dans lequel Romero dépasse son sujet. Les zombies suivent les instincts les plus basiques de l'être humain qu'ils étaient, et ce n'est pas un hasard si cela inclut le besoin de se nourrir et le réflexe de retourner vers les magasins. Zombie est une critique virulente de la société de consommation, tout comme La nuit des morts-vivants projetait une image consternante de la pensée américaine. A l'origine, le film devait se terminer par le suicide des deux héros - Peter se tirant une balle dans la tête tandis que Fran se jetait dans les hélices de l'hélicoptère. Le générique de fin devait ensuite arriver sur l'image des hélices qui s'arrêtaient, impliquant que même s'ils en avaient eu l'espoir, les personnages ne se seraient pas échappés bien loin. Cette fin, plus cohérente avec le reste du film, aurait fait de Zombie un film d'une noirceur terrifiante. Néanmoins, il restera une pièce incontournable.

 

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3 - Braindead par Nicolas Schiavi

La légende dit que Braindead est le film le plus gore de toute l'histoire du cinéma. C'est sans doute vrai, aux vues des hectolitres d'hémoglobine déversées par et sur les protagonistes. A l'origine, il y a le rat singe du Sumatra, créature hybride qui n'autait jamais dû quitter ses terres. Enfermé dans un zoo, l'animal parvient à mordre la maman de Lionel Cosgrove à travers les barreaux. La vieille peau à la dent dure et quand elle revient à la vie, c'est sous la forme d'un zombie très agressif. S'ensuit une série de morsures, de tripes à l'air, d'arrachement de la colonne vertébrale et d'un bambin mutant qui vous saute au visage pour vous mastiquer. Le virus se propage à grande vitesse, la chair se décompose et les victimes crient alors qu'ils n'ont plus de larynx. Braindead est aussi l'occasion unique de voir comment un fils introverti et minoré par sa mère se délivre de cette dernière en l'atomisant de l'intérieur. Une belle preuve d'amour

 


4 - 28 jours plus tard par Jean-Patrick Desportes

Lorsqu'en 2002 Danny Boyle s'intéresse au film de zombie, il ne nous livre pas un film de plus sur le sujet mais une véritable œuvre somme qui cite ouvertement Romeroet consorts. Drôle d'incursion me direz-vous au vu de la filmographie du talentueux anglais. Mais Boyle n'en n'oublie jamais ses thématiques (le jeune homme qui va vivre une expérience révélatrice, la survie n'est possible que seul contre tous). En utilisant une image Dv qui donne un cachet réaliste à l'ensemble, Boyle prend le parti de sortir le genre de la torpeur et de l'artificialité dans lesquelles il s'enfonçait progressivement. Les zombies de Boyle sont hystériques et sont forts comme des bœufs. A moins d'être très agile et sportif, personne ne peut leur réchapper. Diablement efficace, doté d'un casting de jeunes inconnus parfaits, 28 Jours plus tard allait ouvrir l'ère du renouveau du zombie movie. Il sera suivi par une suite aussi efficace qu'inutile, des parodies, des remakes à n'en plus finir de l'œuvre de Romero qui se relancera quant à lui dans sa saga des zombies avec plus ou moins de bonheur. Cette résurrection d'un genre tombé en désuétude on la doit au futur Oscarisé pour Slumdog Millionaire.  

 

Shaun of the Dead


 

5 - Shaun of the Dead par Jean-Patrick Desportes

C'est en 2004, soit deux ans après la sortie du brillant 28 jours plus tard, que sort cette parodie de Zombie Movie qu'est Shaun of the Dead, habile mélange de genres (comédie romantique et film de zombie) par l'équipe responsable de la délirante série anglaise Spaced. J'ai nommé Simon Pegg, acteur et scénariste et Edgar Wright, scénariste et réalisateur. On peut aussi citer Nick Frost, le second couteau le plus hilarant du cinéma anglais contemporain. Shaun doit jouer sur plusieurs tableaux : se remettre avec sa petite amie, se réconcilier avec sa mère et combattre des zombies avec n'importe quel objet lui tombant sous la main (ah la scène des vinyles de collection !!!), aidé dans cette tâche par son pote un rien idiot. Ce qui fonctionne à plein régime dans ce film c'est la brillante adéquation des genres car aucun d'entre eux n'est inexploité. Simon Pegg nous file autant les larmes lorsqu'une personne lui étant chère décède que nous fait hurler de rire par son personnage de looser devenant un héros malgré lui. Shaun of the Dead (avec Bienvenue à Zombieland, son cousin américain) représente ce qui ce fait de mieux dans le genre.    


6 - Dellamorte Dellamore par Nicolas Lemâle

Pinacle du cinéma fantastique italien, en même temps que son probable chant du cygne, « Dellamorte Dellamore » fait partie de ces joyaux méconnus chéris par les cinéphiles. Film fantastique « à l'italienne », c'est-à-dire baroque, puissamment érotique, et sous influence des maîtres Bava et Argento, le chef d'œuvre de Michele Soavi (revenu d'entre les morts quinze plus tard, avec un autre bijou, « Arrivederci amore ciao ») iconise un héros, Francesco Dellamorte, « qui n'a pas de temps pour les vivants ». Normal : ce gardien de cimetière passe ses nuits à renvoyer des morts récalcitrants dans leur tombe, avec le flegme et l'ironie propre à Dylan Dog, inspiration logique du personnage (c'est le même auteur, et ce héros de BD a les traits de l'acteur Rupert Everett). Jouant sur les ruptures de ton, les envolées oniriques, comiques ou existentialistes, « Dellamorte Dellamore » est, dans tous les sens du terme (voyez le film pour comprendre) un film-monde, qui dépasse de loin son statut de « zombie-flick » pour atteindre celui de classique intemporel.

 

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7 - Diary of the Dead

Il est certain que les plus jeunes ou les nouveaux amateurs de films d'horreur à la sauce Saw et autres oeuvres outrancières se demanderont en quoi Romero est et restera le pape du film de mort vivant et du film de genre ouvertement engagé, tant ce Diary of the Dead est bien loin d'une démonstration gratuite et finalement tellement futile de technique, de péripéties débiles et impressionnantes. Le but n'est pas de prendre son pied dans des scènes à la tension exceptionnelle mais bel et bien d'assister au grand retour du Maître, très en forme pour ce qui est de repousser son public dans ses retranchements.


8 - Le Jour des morts-vivants (Day of the Dead) par Geoffery Crété

Troisième volet de la trilogie originelle de Romero, Le jour des morts-vivants devait initialement être un film beaucoup plus important, "Le Autant en emporte le vent des films de zombie" selon le réalisateur. Suite à des problèmes de production, le budget fut réduit de moitié, entraînant d'énormes changements dans le scénario. Peut-être est-ce pour cela que Romero étouffera tout espoir dans une histoire portée par des personnages tellement lointains qu'ils en deviennent antipathiques : "A chaque fois que j'essayais d'appuyer le côté émotionnel, il me l'interdisait" avouera plus tard la comédienne principale. Le jour des mots-vivants demeure un film étonnant, creusant une nouvelle fois des thématiques passionnantes - comprendre ou exterminer l'ennemi, l'Homme porte en lui le Mal - tout en se plaçant intelligemment dans le contexte de la Guerre Froide - aucun des deux camps n'est désigné comme bon ou mauvais. A noter que le remake de Steve Miner avec Mena Suvari et Ving Rhames reprend le premier scénario écrit par Romero, ce qui aurait pu être intéressant si le résultat n'était pas aussi catastrophique.

 

Simetierre

9 - Simetierre par Vivien Lejeune

L'un des récits les plus malsains du Maître de l'épouvante devient, en 1989, cette très digne adaptation cinématographique ayant su marquer les esprits de toute une génération, sous la houlette aussi sombre que sobre de la, jusqu'ici, quasi inconnue Mary Lambert... En signant lui-même le scénario, Stephen King parvient à instaurer un climat délicieusement « glauquissime » à cette fable morbide où l'innocence devient impunément la plus implacable des ressources horrifiques en poussant le dévoué Louis Creed (interprété par le tout aussi peu connu Dale Midkiff) à ressusciter successivement son chat, son jeune fils et sa femme grâce au pouvoir macabre d'un vieux cimetière abandonné. Trois êtres aimés qui reviennent inévitablement transformés par leur court passage dans l'au-delà et dont la cruauté nouvelle, agrémentée d'une certaine soif de sang, offre quelques excellents passages d'une violence, certes, aujourd'hui visuellement quelque peu dépassée mais toujours aussi amère et efficace.


10 - Re-Animator

Tout comme Braindead, le film débute sur des faux airs de soap-opéra avec une niaiserie particulièrement recherchée, pour trancher dans sa seconde partie avec une accumulation de scènes franchement dégueulasses et pourtant souvent très burlesques. La comparaison s'arrête là car si le film de Peter Jackson est un véritable cartoon dopé a l'humour noir, l'adaptation (libre) de la nouvelle de Lovecraft s'avère malgré tout assez malsaine et par moment bien glauque. Si dans l'un on rigole aisément de voir des zombies rockers éclater au moindre choc dans une surprise-partie, c'est déjà plus difficile de s'amuser devant un cours d'autopsie et de l'ambiance clinique générale assez glaciale.


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