Parce qu’ils sont d’humeur musicale, RLV & LT se sont souvenus que c’est dans les années 20 qu’on commença à composer des musiques pour le cinéma avec par exemple
Le chanteur de Jazz, en 1927 qui marque la naissance de la collaboration (depuis si fructueuse) entre la musique et le cinéma et qui est considéré (à tort) comme le premier film parlant. Comme la chaleur tape fort sur le ciboulot, nos deux amis ont veillé tard à la rédaction pour farfouiller dans leurs mémoires de cinéphiles et dénicher les quinze films dans lesquels la musique est bonne et les a marqués (morceaux de bande-son, passages de comédies musicales ou simple ânonnement chanté). On attend vos souvenirs émus dans les forums.
LE TOP DE ROMAIN LE VERNMAGNOLIA (Paul Thomas Anderson)
Parce que dans cet impressionnant bloc de trois heures qui dissèque le cadavre de relations familiales contrariées, Paul Thomas Anderson a compris qu’il n’y a rien de plus beau que des personnages qui chantent ensemble pour conjurer le désarroi. Le moment est si puissant que Richard Kelly s’en est grandement inspiré pour
Donnie Darko où l’exceptionnel reprise de
Mad World par Michael Andrews / Gary Jules aurait assurément mérité de figurer.
Phantom of the paradise (Brian de Palma)
Pour Jessica Harper, beauté incandescente et le méchant Swan (le compositeur Paul Williams). Quelque part entre Faust, Dorian Gray, Le fantôme de l’opéra et une petite touche d’Hitchcock (sinon ce ne serait pas un film de Brian de Palma), il y a ce récital de classe qui a enfanté tout plein de talents fous, des Daft Punk à Phoenix.
Moulin Rouge (Baz Lhurmann)
Pour le sourire de Nicole Kidman, la voix d’Ewan McGreggor, les mouvements barrés de Lhurmann qui cite Ophüls, le morceau
Come What May ("I WILL LOVE YOU UNTIL MY DYING DAY"), les chorégraphies sur Nirvana, Madonna, Queen, Police. Un tourbillon de musique dans une bulle de champagne.
The Rocky Horror Picture Show (Jim Sherman)
Le rival popu de
Phantom of the Paradise que beaucoup renient parce qu’il a fait de l’ombre à ce dernier. Parce que danser le Time Warp et remuer sur Sweet Tranvestite donnent envie de balancer du riz aux mariés. Parce que si on en a fait le tour au bout d’une heure (on ne voit que rarement un film délicieux dans sa première partie et prodigieusement foiré dans sa seconde), on ne se lasse pas de Dr Scott, Janet, Brad, Rocky. Dr Scott, Janet, Brad, Rocky.
Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino)
Parce que dans sa démesure cinématographique, Michael Cimino montre deux passages chantés touchés par la grâce: celui, dans le bar, où les gars partent avant la guerre et fredonnent «Can’t take my eyes off you» (l’originale, pas la version disco) et celui du dîner, à la fin, qui stimule beaucoup l’affect lacrymal. Chanté ou non, le film reste une claque bouleversante dont la perfection a presque quelque chose d’insultant. Cimino, reviens-nous.