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Top 20 : Special Halloween [page 4]

Par - publié le 30 octobre 2007 à 04h03 ,
MAJ le 26 février 2010 à 11h59 - 0 commentaire(s)
16. GINGER SNAPS (John Fawcett)
2000: John Fawcett signe l'épisode premier opus et joue avec les codes du genre pour délivrer une métaphore sur l'adolescence. 2003: Brett Sullivan zappe Ginger et s'intéresse à Brigitte. 2004: Les ancêtres des deux soeurs reviennent pour un retour aux sources du mal dans une préquelle hallucinée. Comme avec Candyman, on ne conseillera que sur le premier volet, sorte de perversion facétieuse sur le thème de La Féline (ici ado féline), tant les deux sequels se révèlent faiblardes où deux soeurs (Brigitte alias Emily Perkins et Ginger alias Katharine Isabelle) atteinte d'un virus qui les transforment en loup-garou. Dans le premier volet, on dit au revoir à Katharine Isabelle qui revient en fantôme de conscience dans le second. Le troisième, lui, a carrément fumé la moquette puisqu'on retrouve les frangines aux sources du mal, des siècles auparavant. Vous avez dit concept à la Sam Raimi?
On s'en souvient encore: la petite queue de Ginger


17. ELMER, LE REMUE-MENINGES (Frank Hennenlotter)
Brain Damage, connu dans l’Hexagone sous le titre Elmer, le remue-méninges, métaphore sur l’addiction, a sensiblement été écrit sous deux influences paradoxales: The Tingler de William Castle et The Trip de Roger Corman. Certains y ont vu une ode à la culture LSD; d’autres, un témoignage sur les ravages de la drogue. On doit surtout voir un film qui revendique pas grand-chose d’autre que le fun et le rire gras, sans doute parce qu'on dénote déjà une propension à aller vers la parodie. Le Elmer du film est un vers mutant, parasite et dégueulasse, étonnamment rigolard et détendu, loquace et terrifiant, qui représente la tentation des paradis artificiels. D’un côté, il promet le nirvana («Je te montrerai un monde fabuleux, et d’ailleurs tu n’auras même plus besoin de penser»); de l’autre, il séduit sa proie pour mieux la triturer. Cette bestiole existe depuis des siècles et tout le monde la convoite pour son venin qui est une drogue puissante. Le problème, c’est que pour récolter ses substances narcotiques, il faut le nourrir en cervelle humaine.
On s'en souvient encore: Une scène dans une discothèque où le vers contrôle sa victime, l’emmène danser pour draguer afin que la première nana venue lui prodigue une fellation et qu’ainsi Elmer serve de Popol géant en suçant la cervelle de la demoiselle. Censuré aux Etats-Unis.

18. SCHIZOPHRENIA (Gerald Kargl)
Première scène: un quidam, regard livide et halluciné, arpente les rues, frappe aux portes, tombe sur une femme seule, baragouine une phrase absconse ("je vais tirer") et tire. Basta. On ne saura pas pourquoi il a fait ce geste, lui-même d’ailleurs ne sait pas. Il va en prison. Des années plus tard, il en sort et n’a qu’une seule envie : traquer une nouvelle proie pour zigouiller de la chair fraîche et assouvir ses pulsions sadiques. Cercle vicieux ; mécanisme d’une folie destructrice. Le récit est basé sur l’histoire vraie d’un habitant de Salzbourg, Werner Kniesek (le quidam en question) qui, dans les années 80, a commis en Autriche un triple assassinat d’une violence inouïe. C’est son histoire qu’on nous raconte ici. Schizophrenia (de Gérard Kargl) est une plongée hallucinante dans l’horreur (la vraie). les effets sont éminemment discrets (le bruit lancinant d’une goutte d’eau) et un visuel maîtrisé (découpage remarquable, mouvements de caméra impressionnants de Zbig Rybczynski – l’ombre formelle de Frankenheimer et son inestimable Opération diabolique ne planent pas loin). Le point de vue narratif est inédit : il consiste pendant les meurtres à se placer dans la tête du tueur et non celle de ses victimes. Il en résulte non pas une humanisation du tueur, ni même une manifestation de compassion à son égard, mais une sorte d’auto-psychanalyse pathétique d’un homme malade qui a subi des choses tellement horribles dans sa petite enfance que son cas est irrécupérable.Malsain, virtuose et vraiment effrayant.
On s'en souvient encore: Les plans-séquences de malade. Les regards dérangés et dérangeants. La scène de viol.


19. POSSESSION (Andrzej Zulawski)
Autour du thème du double, Zulawski signe une histoire à évolution continue, à géométrie variable, à transformations à vue, et à destinations hasardeuses. Pour le plus grand plaisir de celui qui aime se perdre au cinéma. Avec un mélange de ludisme, de grotesque, de gore et de bizarrerie, le réalisateur passe par tous les états (secrets, mensonges, paranoïa, mystère) et signe une œuvre d’une densité éblouissante. Le fait que l’action du film se passe en Allemagne (avec un casting international, tous les acteurs sont priés de causer en Anglais) n’est pas innocent : en simulant l’autopsie d’un couple en crise jusqu’à sa destruction littérale, Possession devient très vite le portrait d’un pays incapable de chasser ses démons intérieurs, symbolisés par la bestiole. Ainsi, le fait que le couple habite en face du mur de Berlin (le film a été réalisé en 81, ne l’oublions pas) et que la bestiole vive recluse dans un lieu presque désaffecté n’est pas un élément inconscient. Il y a clairement un discours politique même s’il n’apparaît qu’en filigrane. Zulawski se sert implicitement de symboles métaphysiques pour dépeindre ce monde en perdition en forme d’immense purgatoire où chacun est libre de se perdre : importance du rouge comme le sang pour représenter l’enfer, escalier en colimaçon proche d’un yggdrasil pour symboliser une montée aux paradis impossible, chaos ambiant, terrible fusion du mal et du bien lorsque Adjani fait l’amour au monstre (sa peau diaphane et blanche cadenassée par des tentacules), passage de la lumière aux ténèbres…

On s'en souvient encore: si on n'oublie pas les scènes d'amour entre Adjani et le monstre, ni même la découverte du monstre (l'un des moments les plus effrayants visible au cinéma), on reste avec la grande scène de "possession" dans le métro que vous pouvez voir ci-dessous:

20. LES YEUX SANS VISAGE (George Franju)
Un chirurgien tente de remodeler le visage de sa fille, rendue méconnaissable à la suite d’un accident de voiture. Pour cela, il effectue des greffes de peau qu’il aura prélevées sur des jeunes filles... Depuis des lustres, Les yeux sans visage est considéré comme le seul film fantastique français de qualité. Près de cinquante ans plus tard, sa réputation n’est pas à défaire : c’est effectivement un chef-d’œuvre qui allie exigence formelle et profondeur du scénario. Dans une ambiance d’inquiétante étrangeté chère à Aragon, ce film nous rappelle que, sous chaque bon film fantastique, se trame une superbe histoire d’amour. Le personnage principal (Pierre Brasseur, exceptionnel) est un homme déphasé qui bascule dans la criminalité, non pas par simple plaisir sadique, mais par amour pour sa fille.
On n'oublie pas: L’atmosphère envoûtante, les dialogues de Boileau-Narcejac, la musique délicieusement lancinante de Maurice Jarre, la magnifique photo en noir et blanc, la fin ultra-poétique.
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