Parce qu’ils ne se sont pas remis du
Zodiac de David Fincher, RLV & LT proposent leur top 20 des films sur les «serial-killer» (répétez-le Kara ?!). Sujet ô combien vaste, on est d’accord, mais ils se sont décarcassés pour trouver seulement vingt opus qui, sur le sujet, les avaient marqués. On attend les vôtres dans les forums.
TOP 20 ROMAIN LE VERN20.
LA TENDRESSE DES LOUPS (ULLI LOMMELL)
Parce que si les grands films sur des tueurs en série manquent à cette liste (
M, le maudit, de Fritz Lang;
Twin Peaks, de David Lynch), cette fiction très audacieuse réalisée par un disciple de Fassbinder qui a mal tourné dans le Z propose un portrait dérangeant de Fritz Haartman et une plongée inconfortable dans l’hypocrisie sociale de l’Allemagne d’après-guerre. Avec un peu de curiosité, ce film pourrait bien être reconsidéré.
19.
CURE (KYOSHI KUROSAWA)
Parce que si la carrière de Kurosawa est plus remplie de bas que de hauts,
Cure s’impose comme son chef-d’œuvre: une affaire de témoin du mal, proche de
Cruising de William Friedkin, à l’atmosphère tellement anxiogène qu’elle en devient irrespirable.
18.
LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL (LEONARD KASTLE)
Pour la détresse des amants criminels gouvernés par tout plein de sentiments contradictoires. Pour l’ambiguïté totale de ce film en spirale: malgré les actes ignobles qu’ils commettent, on a peur de les voir se séparer. Un peu comme les
Devil’s rejects, de Rob Zombie.
17.
TUEURS NES (OLIVER STONE)
Parce que la plus grande insolence d’Oliver Stone est d’avoir complaisamment entretenu cette illusion qu’il appartenait à la mouvance ultraviolente de Tarantino. Pour la dénonciation très cynique et la haine du monde qui repose sur les épaules du personnage courageusement interprété par Robert Downey Jr.
16.
CANDYMAN (BERNARD ROSE)
Parce qu’outre les tueurs en série mainstream (Hannibal Lecter, formidables
Sixième sens et
Silence des agneaux) et boogeyman ultra connus (
Halloween, Vendredi 13, Les griffes de la nuit),
Candyman est le plus beau des requiems, magnifié par la bande-son de Philip Glass (du genre qui vous pousse à repasser le générique de début et de fin en boucle). Parce que Tony Todd en monstre vindicatif et surtout Virginia Madsen en ange déchu incarnent les amants sacrifiés dans une parabole sur la peur sociale.
15.
PHENOMENA (DARIO ARGENTO)
Pour ma part, l’un des meilleurs Argento. Parce que c’est délicieux de frissonner avec Jennifer Connelly. Pour la révélation surprenante du tueur, ouvertement reprise de
Ne vous retournez pas, de Nicholas Roeg. Pour la dernière demi-heure, moment de tension et de flip ultime où même les scènes qui pourraient paraître risibles atteignent des monts de poésie.
14.
SOMBRE (PHILIPPE GANDRIEUX)
Pour le style écorché vif, sensible et fiévreux de Philippe Gandrieux, réalisateur hélas trop rare et précieux. Parce qu’avec des moyens très efficaces voire inédits (travail sur le son exceptionnel), le cinéaste signe un conte opaque et romantique où le noir n’a jamais été aussi lumineux. Dont on ne s’est jamais remis.
13.
SERIAL MOTHER (JOHN WATERS)
Parce que si John Waters voue une fascination pour les tueurs en série, il pousse l’audace à confier le rôle d’une
serial mom à la vamp Kathleen Turner. Parce qu’on doit trier ses ordures, parce qu’on ne bouffe pas les oiseaux, parce qu’on assassine les gens avec des tisonniers dans une brocante et des gigots pendant qu’on regarde Annie à la télé. Pour l’hommage à Hershell Gordon Lewis et le mauvais goût présent un peu partout (des revues pornos spéciales au crachat en pleine église). Parce que chez Waters les scènes dans un tribunal ressemblent à des kermesses (cf.
Female trouble, Divine et son jury hilare). Parce qu’on ne porte pas des chaussures blanches quand ce n’est pas la bonne saison.